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15 juin 2022

FATIHA BOUDJAHLAT

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 8 h 07 min

Morosité : « manque de dynamisme (dans un groupe social). » pour un universitaire, notre ministre choisit drôlement ses mots… nous souffrons de précarisation, d’appauvrissement, de mépris de nos supérieurs, d’injonctions incessantes et contradictoires, du trop plein de tâches, des mensonges, de violences, du prof bashing. Nous sommes en colère, nous sommes révoltés, nous ne sommes pas moroses.

3 avril 2022

Fatiha Boudjahlat

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 09 min
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9 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 4 h 59 min
Analyses
Wokisme
Sandrine Rousseau, l’ambassadrice prisonnière du Wokistan

OPINION. L’échange entre Sandrine Rousseau et l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat sur le voile a mis en lumière l’impasse mortifère de l’idéologie woke : une tyrannie des minorités maquillée de bonnes intentions.

sandrine rousseau

La campagne d’affiches du Conseil de l’Europe qui montrait des femmes portant le voile avec le slogan « Liberté dans le hijab » a suscité un tollé. Les affiches ont été rapidement retirées face à la levée de boucliers. Sandrine Rousseau a été interpellée à ce sujet par l’enseignante et essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat sur LCP dans l’émission Ça vous regarde.

L’échange est instructif pour deux raisons : la méthodologie woke de la disqualification de l’interlocuteur est ici renversée par Fatiha Agag-Boudjahlat qui va enfermer Sandrine Rousseau dans les limites de son propre raisonnement. En second lieu parce que Sandrine Rousseau porte une parole de bonnes intentions complètement déconnectée du réel.

Revenons d’abord de manière succincte sur les faits. La séquence dure un peu plus de 5 minutes et est disponible sur internet (entre la 45e et la 50e minute). Fatiha Agag-Boudjahlat dénonce une campagne orwellienne qui prétend que la liberté serait dans le hijab, ce qui est, selon elle, une normalisation d’une pratique patriarcale, rétrograde et sexiste. Pire, les affiches reprennent les éléments de langage des islamistes : la liberté est dans le voile. Fatiha Agag-Boudjahlat rappelle que le port du voile est une obligation dans nombre de pays islamistes et qu’en ce sens, dans ces pays, le hijab ne peut pas être assimilé à la liberté. Cette liberté est possible dans les pays d’Europe où justement la République protège les individus du prosélytisme religieux. Elle aurait préféré une égalité de reconnaissance des femmes musulmanes voilées et non voilées (et des femmes non musulmanes), car le voile est assimilé à la pureté, la pudicité autant d’atouts que ne possèderaient pas, selon les tenants d’un islam radical, les femmes non voilées. Ainsi, le port du voile n’est pas une liberté dans les pays comme l’Iran, il est une obligation.

En Europe le port du voile est une liberté juridique qui ne se traduit pas toujours dans les faits tant il existe une pression religieuse de la part de l’islam radical. Cela est d’autant plus vrai que l’islam radical progresse, comme en témoignaient autrefois les auteurs du livre Les Territoires perdus de la République(Mille et une nuits, 2002), témoignage renouvelé avec Une France soumise (Albin Michel, 2017). Constat identique d’après le sondage de l’IFOP de 2020 qui explique que 57 % des jeunes interrogés considèrent que la charia est plus importante que la loi de la République, ce qui représente une progression de 10 points par rapport au dernier sondage de 2016. Le sondage concluait lui-même que les « jeunes [musulmans] plébiscitent un modèle communautariste ».

Enfin, lucidement, Fatiha Agag-Boudjahlat explique qu’en Europe, le fait de porter le voile est un choix valable et respectable, à la condition que cela reste un choix véritablement libre, ce qui n’est pas toujours le cas. C’est alors qu’elle lance à l’encontre de Sandrine Rousseau la fameuse phrase : « J’invite les personnes qui adorent critiquer le patriarcat blanc à déconstruire leur privilège de bourgeoise blanche et se rendent compte qu’il y a aussi des sociétés non blanches où le patriarcat existe. » Elle ira plus loin, pour bien souligner, au-delà du débat sur le voile, le côté discréditant de la méthodologie woke : « Vous aimez cette facilité quand vous êtes face à un homme blanc, je vous la renvoie. » C’est dans ce second moment, moins commenté, que se trouve porté par Fatiha Agag-Boudjahlat le coup fatal à Sandrine Rousseau. Que dit-elle ? Elle renverse la méthodologie appliquée avec soin par Sandrine Rousseau et plus largement le courant déconstructeur qui consiste à discréditer l’interlocuteur parce qu’il serait blanc, homme, hétérosexuel, cisgenre…

Le mode opératoire des wokes réduit chacun à son identité. Une femme sera autorisée à parler des violences faites aux femmes, mais pas un homme. Une personne noire sera autorisée à parler du racisme, mais pas un blanc. On retrouve un identique mode opératoire lorsque Rokhaya Diallo débat avec Stéphanie Roza sur le plateau de À l’air libre à propos du racisme et lui assène : « Je ne sais pas dans quelle mesure vous êtes qualifiée pour m’expliquer de quelle manière on est efficace pour lutter contre le racisme. »Attaque disqualifiante qui consiste à dire à Stéphanie Roza, puisqu’elle est blanche, qu’elle ne peut pas être pertinente sur le sujet du racisme, ce que Rokhaya Diallo, femme noire, serait par la simple appartenance identitaire.

La méthodologie enferme chacun dans son identité, dans sa communauté. Pire, elle produit ce contre quoi elle est censée lutter, ce que souligne David Di Nota dans son ouvrage J’ai exécuté un chien de l’enfer (Le cherche midi, 2021) à propos de l’assassinat de Samuel Paty : « On dira que le Blanc ne peut pas savoir ce que signifie être noir. La vérité est que l’antiracisme n’a rien à voir avec le fait d’appartenir à un camp miraculeusement préservé d’un tel biais — et que le fait de ramener un sujet politique à sa couleur de peau s’appelle, quelle que soit la motivation du locuteur, du racisme. » Il ajoute : « Le Blanc ne peut pas savoir ce que signifie être noir : si cette approche était la bonne, on ne voit pas comment les Noirs pourraient dire quoi que ce soit de pertinent sur les Blancs et, par conséquent, lutter contre le racisme. » Ce qui n’empêche pourtant pas les cohortes de l’antiracisme moderne de nous asséner leurs théories contre le modèle oppressif du patriarcat blanc. Par exemple Alice Coffin, conseillère et proche de Sandrine Rousseau qui pense nécessaire de « pointer l’identité qui offre à l’homme blanc hétérosexuel tant de privilèges » (Le génie lesbien, Grasset, 2020).

C’est cette méthode de disqualification de l’interlocuteur du fait de sa non-appartenance à la communauté que renverse Fatiha Agag-Boudjahlat. Sandrine Rousseau est visiblement agacée, elle répond que « c’est trop facile » et aurait pu ajouter comme le répondit Stéphanie Roza lorsqu’elle fut elle-même l’objet d’une attaque similaire par Rokhaya Diallo : « C’est la fin de tout débat rationnel, si vous éliminez du débat quelqu’un en l’handicapant à cause d’une couleur de peau, d’un sexe ou d’une religion… » Sandrine Rousseau ne le fera pas et pour cause, elle ne le peut pas, car ce serait admettre le caractère inopérant d’une méthode qui soutient la pensée woke.

On peut aller jusqu’à avancer l’idée que la méthode est intrinsèquement liée à la déconstruction. Il n’est pas simplement question de penser un futur libéré des préjugés (ce qui serait, soit dit en passant, un noble combat), mais de renverser le pouvoir. La majorité doit faire place à la minorité. Le mâle blanc hétérosexuel doit se déconstruire. Aurait-on idée de dire inversement qu’une femme est à déconstruire ? Qu’un noir doit est déconstruit ? Qu’un juif est à déconstruire ? La formule interpelle, elle n’augure rien de bon, le terme de déconstruction renvoyant à une forme de démolition moins brutale, mais une table rase tout de même, un effacement en douceur, une sorte de douce violence.

Sandrine Rousseau ne peut donc pas abandonner la forme qui soutient le fond de la pensée woke. Elle l’affirmera sur Twitter en préférant s’aplatir : « Je suis en effet bourgeoise et blanche et cela me permet d’avoir des privilèges. » Tout est dit, Sandrine Rousseau préfère reculer sur le fond plutôt que d’abandonner une méthodologie de la violence. Ainsi, elle sauvegarde la matrice de la pensée woke : la volonté d’un renversement du pouvoir par une méthodologie de l’effacement, du discrédit, de la disqualification ou de l’extrême droitisation. Autant d’avatars d’une violence symbolique. Et sur le fond ? Sandrine Rousseau ainsi que les porteurs de l’idéologie woke pourraient se tromper de méthode, une forme de violence symbolique répondant à une violence quant à elle réelle. Je fais allusion aux violences faites aux femmes.

On pourrait alors se dire qu’il y a urgence à agir, ce qui autorise de bousculer un ordre monolithe inamovible. Hélas, Sandrine Rousseau, sur le voile, nous livre une analyse de surface, convenue, de bonnes intentions. Elle défend le droit des femmes à s’habiller comme elles le veulent, où elles le veulent. Des assertions qui ne manquent pas d’emporter l’unanimité : qui voudrait empêcher une femme de se vêtir comme elle le souhaite ? Reprenons à notre compte l’idée de Michel Onfray : ce n’est pas ce qui est sur la tête qui importe, mais ce qu’il y a dans la tête. Voilà donc que nous serions d’accord avec Sandrine Rousseau ? Pas vraiment, car dans sa réponse, elle contourne la problématique de l’islam radical, elle évite soigneusement de parler d’islam, se focalisant sur « les religions », ce qui reste évidemment valable et emportera là encore l’unanimité, mais n’interroge jamais la spécificité d’une problématique très actuelle concernant l’islam politique. En somme, avec Sandrine Rousseau, nous aurons le droit aux bonnes intentions, aux slogans, à l’amour du prochain et in fine, l’inaction la plus totale. Que fait-elle face à ces femmes musulmanes refusant de se voiler qui subissent le harcèlement des radicaux ? Comment concrètement Sandrine Rousseau propose-t-elle de les aider ?

Kahina Bahloul, dans son livre Mon Islam, ma liberté (Albin Michel, 2021) rappelle qu’il faut « bien comprendre que l’injonction faite aux femmes de se voiler entièrement en portant le niqab ou la burqa est loin d’être la lubie fantaisiste de quelques époux jaloux. Il s’agit d’un élément constitutif d’une idéologie obscurantiste, mortifère et totalitaire fondée sur la domination masculine et prenant la femme pour bouc émissaire, allant jusqu’à remettre en cause son droit d’exister en dehors du rôle de ventre porteur d’hommes martyrs auquel il l’assigne. » De ce fait, on comprend son refus, à titre personnel de le porter car « ce hijab, on l’aura compris, charrie en moi des souvenirs très douloureux ; il est pour moi synonyme de terreur et d’oppression. Pour toutes ces raisons, je n’arrive pas à le défendre : je n’arrive pas à y voir un simple bout de tissu ni un accessoire de mode. Il est à mes yeux trop entaché de sang, de haine et d’exclusion du genre féminin. L’idéologie qui l’a enfanté a tué trop de musulmanes et de musulmans et elle est sur le point de tuer l’islam dont elle est le pire dévoiement. »

Face aux faits, face au réel, les bonnes intentions de Sandrine Rousseau et derrière elle de la cohorte des wokes ne tiennent pas longtemps. Défendre les musulmans c’est justement se battre à leurs côtés contre l’islam radical et non assimiler tout questionnement, toute critique à une preuve d’islamophobie. En faisant cela, nous les abandonnons à ceux qui veulent faire de l’islam politique le seul islam qui existe. L’épisode de l’échange entre Sandrine Rousseau et Fatiha Agag-Boudjahlat aura eu le mérite de mettre en lumière l’aspect mortifère de la méthode woke et l’inconsistance d’une idéologie qui se contente en réalité d’égrener les bonnes intentions pour viser en réalité l’avènement d’une dictature des minorités.

Publié le 8 novembre 2021

9 mars 2021

VALERIE TORANIAN

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 14 h 25 min

LA MORT DE L’UNIVERSALISME C’EST LA FIN DU FÉMINISME (tiré de la REVUE DES DEUX MONDES)

Je me souviens du temps où le féminisme était d’abord universaliste. On ne faisait pas le tri entre les femmes de culture et de religion différentes pour décider de leurs droits à être nos égales ou pas. Les droits des femmes concernaient toutes les catégories de femmes. À des échelles différentes et avec des nuances. Les femmes précaires étaient plus vulnérables que les femmes CSP ++, les femmes précaires et immigrées encore plus exposées que toutes les autres. L’intersectionnalité, avant de verser dans la folie tyrannique des minorités, c’était d’abord cette reconnaissance de multiples sources de discrimination. Et le féminisme universaliste embrassait toutes ces dimensions. Pas d’essentialisation, d’assignation à la race ou à la religion. Des combats à mener. Contre le sexisme, les discriminations, les inégalités. Que le système d’oppression soit blanc, noir, arabe, musulman, africain, orthodoxe juif, catholique intégriste ou évangéliste. Pas de sororité identitaire excluant celui/celle qui ne me ressemble pas (et bien sûr les hommes..). Plutôt la solidarité. Les féministes occidentales n’étaient pas des « blanches néo-colonialistes » mais souvent les porte-voix des femmes sans voix. Celles qui subissaient des lois iniques, des violences systématiques, à qui on refusait l’éducation, l’école, l’accès à la santé. Celles qui subissaient le viol comme arme de guerre. Celles qu’on interdisait de parole, de visibilité, qu’on mariait de force, qu’on excisait, qui subissaient la polygamie.

Lorsque ces pratiques sont arrivées en France, les féministes universalistes n’ont pas pensé que ces femmes immigrées, tant pis pour elles !, appartenaient à des communautés dont il fallait respecter les usages et les mœurs. Et qu’on pouvait donc les laisser sur le carreau. À partir du moment où la République française les accueillait, ces femmes avaient des devoirs mais aussi des droits. En France, nous sommes toutes les héritières d’Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des luttes des années soixante-dix.

« Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. »

Lorsque l’islam politique, importé par les salafistes et les Frères musulmans, s’est mis en marche dans les quartiers, poussant en première ligne les femmes voilées, étendards d’un séparatisme affiché, pas question de dire démagogiquement que c’était « leur droit ». Il importait, au contraire, de redire que tous les « droits » ne se valent pas : le foulard est le marqueur d’une idéologie totalitariste qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine égalité avec les hommes. Qu’elles portent le foulard librement et avec fierté en fait des militantes de l’islamisme, pas des militantes du féminisme.

Je me souviens que la gauche fut longtemps le fer de lance du combat féministe universaliste. La religion était l’opium du peuple, pas le nouvel horizon du progrès. Le combat contre le racisme n’était pas devenu le combat contre l’islamophobie au nom d’une bigoterie post-moderne invraisemblable. La laïcité était une fierté pas un concept honteux dont on n’ose même plus se revendiquer de peur d’être traité de « laïcard islamophobe ».

L’étude légitime des crimes du colonialisme ne s’était pas transformée en doxa indigéniste décoloniale interdisant aux Blancs de prendre la parole sur des questions historiques ou culturelles, censurant toute parole non conforme au dogme racialiste. Les réseaux sociaux, très investis par les mouvements néo-féministes intersectionnels et décoloniaux, ne faisaient pas encore la loi semant la terreur dans les médias terrorisés à l’idée du bad buzz. On n’interdisait pas des camps de vacances décoloniaux aux Blanches. On ne sonnait pas l’hallali lorsqu’une Irlandaise traduisait la chanson d’une Afro-américaine. On ne hurlait pas à l’appropriation culturelle lorsqu’une Blanche chantait le blues.

Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. Comme le dit Abnousse Shalmani, « orpheline de son électorat ouvrier, la gauche se console avec les islamistes ». Sinistre conversion. L’UNEF était un syndicat étudiant de gauche et féministe, pas un syndicat porteur, à travers sa présidente voilée, des valeurs de l’islam politique.

Le féminisme combattait le viol, pas le viol émanant exclusivement des prédateurs blancs occidentaux hétérosexuels. Un violeur noir n’est pas un prédateur, c’est une victime, nous disent les néo-féministes décoloniales. Même chose pour l’agresseur sexuel musulman. Souvenez-vous de la Saint-Sylvestre à Cologne et des intellectuels islamogauchistes nous expliquant que ces hommes d’origine maghrébine, donc victimes, avaient agressé des femmes blanches, donc coupables (être Blanche est une faute, être une femme blanche marchant dans la rue est une provocation ?). Tant pis si la victime du prédateur racisé est souvent racisée. Au nom de sa culture et de sa couleur, elle doit se taire.

« Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents. »

Le féminisme a toujours été traversé par des courants plus radicaux que d’autres. La nouveauté est que la radicalité est devenue le courant mainstream du féminisme. #Metoo avec la libération de la parole sur le harcèlement (notamment en entreprise) est un progrès. #Balancetonporc est un naufrage moral. Accompagner et aider les victimes de violence est une obligation. Poser comme dogme #victimejetecrois, en dépit des règles de l’État de droit, est une capitulation.

Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents.

Dans ce naufrage féministe des principes, dans cet océan de bêtise et de confusion, il faut donc saluer avec force celles qui résistent et continuent contre vents et marées à défendre un féminisme universaliste. Loin des théories décoloniales et racialistes qui nous font violemment régresser, elles sont les héritières de Simone de Beauvoir, d’Élisabeth Badinter, d’Annie Sugier, de Catherine Kintzler, d’Élisabeth de Fontenay. Hommage et respect à Abnousse Shalmani, Fatiha Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Hala Oukili, Mila, Françoise Laborde, Caroline Fourest, Tania de Montaigne, Peggy Sastre, Sonia Mabrouk, Lydia Guirous, Rachel Kahn… et toutes celles qui partagent leurs combats.

21 octobre 2020

FATIHA AGAG-BOUDJAHLAT

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 16 h 38 min
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Fatiha Agag-Boudjahlat, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Toulouse, essayiste, militante féministe et laïque. Alors qu’un hommage national sera rendu le soir même à son collègue assassiné Samuel Paty, elle nous dira quelles sont les « lâchetés » et les « renoncements successifs » qui, selon elle, ont mené au drame de vendredi dernier.

18 octobre 2020

TOUJOURS D’ACTUALITE

Classé dans : Cela va mieux en le dsant — eructeuse @ 10 h 54 min

« Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît » Michel Audiard !

S’il n’y avait qu’eux ! Dans son excellent article sur FB Fatiha Boudjahlat dit :  Les hypocrites sont de sortie et les médias leur offrent un nid douillet. Ce Zekri n’a cessé d’attaquer de manière ultra violente Mila, lui mettant une cible sur le dos. Qui peut le croire quand il prétend défendre la liberté d’expression? La liberté tout court?… à lire sur son site…

17 juin 2020

Laïcité 30

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 17 min

Brûler Harry Potter,
censurer Autant en emporte le vent,
déboulonner Churchill…
Bienvenue dans le nouveau monde

Par Valérie Toranian

Le président de la République a réaffirmé dans son discours télévisé du 14 juin son attachement aux principes républicains et mis en garde contre les « séparatistes ». Le combat noble de l’antiracisme « est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé. […] La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statues. » Emmanuel Macron pense qu’il faut « regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires » mais en aucun cas « revisiter ou nier ce que nous sommes. »

« Comment la République universaliste va-t-elle survivre aux dérives des combats contre l’offense et la discrimination qui se multiplient ? »

La tâche ne va pas être facile tant aujourd’hui les vérités alternatives ont droit au chapitre et que le respect des sensibilités des uns et des autres déterminent les nouvelles règles du vivre-ensemble. Toutes nos mémoires ? Donc toutes nos sensibilités ? Jusqu’où ce respect doit-il « obliger » la démocratie dans notre monde postmoderne ? Et comment la République universaliste va-t-elle survivre aux dérives des combats contre l’offense et la discrimination qui se multiplient ? La confusion est totale entre le combat antiraciste, légitime, et la dénonciation d’un racisme d’État français qui aurait été structuré par le colonialisme puis le néo-colonialisme qui régirait encore les institutions.

À l’appel du collectif Adama Traoré, on manifeste contre la police et l’État, tous racistes, on traite de vendus les Noirs qui sont du côté des forces de l’ordre. Le collectif dénonce la « récupération » de SOS racisme qui appelait à un rassemblement en l’honneur de George Floyd mardi 9 juin. Le mouvement antiraciste fondé en 1984 est accusé de ne pas être assez politique, trop proche du PS. Un bon antiraciste se doit d’être sur la ligne Traoré, sinon il n’est pas un « vrai » antiraciste.
Samedi 13 juin, durant la manifestation contre le racisme, on a entendu le slogan « sales juifs » lancé en direction des militants de Génération identitaire qui avaient déployé une banderole « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc » sur un immeuble place de la République à Paris. Que faut-il comprendre ? Que ces militants sont les représentants du « privilège blanc », des dominants occidentaux, dont le « juif » constituerait l’essence même ? Certes, ce slogan était marginal au sein du rassemblement, mais la confusion règne, on attise les haines.

« À force d’effacer les traces historiques, patrimoniales et artistiques de la ségrégation, on finira par penser qu’elle n’a jamais existé… quelle bêtise. »

Les statues de Churchill, héros de la Seconde Guerre mondiale, vainqueur des nazis, sont la cible des manifs antiracistes en Grande-Bretagne. Sa statue à Londres a été taguée « was a racist ». Sa petite-fille s’en est émue, la statue est désormais protégée par un coffrage… L’homme qui a tenu tête à Hitler aurait eu des comportements racistes anti-indiens lorsqu’il était en fonction dans l’ancienne colonie de l’empire britannique. Ironie de l’histoire, ce sont des militants néo-nazis qui se posaient en « défenseurs » de la statue de Churchill samedi 13 juin, alors que se déroulait la manifestation « Black Lives Matter ». Le grand homme a dû se retourner dans sa tombe…

Jean-Marc Ayrault veut débaptiser la salle Colbert de l’Assemblée nationale. Faut-il aussi raser sa bonne ville de Nantes dont la richesse a pour origine en grande partie le commerce triangulaire ? Le film Autant en emporte le vent et sa chronique du monde sudiste durant la guerre de sécession est supprimé provisoirement de la plate-forme HBO pour aller se refaire une vertu. On avertira le spectateur supposé imbécile que beaucoup de scènes reflètent un comportement raciste ségrégationniste. Nul doute que sous peu, quelques ayatollahs demanderont la mise à l’index définitive du film aux dix oscars. Comme le dit l’enseignante et essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat sur son compte Twitter, « à force d’effacer les traces historiques, patrimoniales et artistiques de la ségrégation, on finira par penser qu’elle n’a jamais existé… quelle bêtise. »

Mona Ozouf, notre historienne nationale, plaide pour plus de complexité : « Jules Ferry est le père de l’école laïque, gratuite et obligatoire. On lui doit les libertés sur lesquelles nous vivons encore : liberté de la presse, liberté syndicale, élection des maires ». Il a été un colonisateur sans état d’âme, reconnaît-elle, mais pour avoir fait des écoles partout en Algérie, il a eu « comme principaux ennemis les colons, arc-boutés contre l’enseignement aux enfants arabes ». La complexité n’est pas la préoccupation de nos censeurs décoloniaux identitaires. Le révisionnisme ne fait pas dans le détail.

« Jusqu’où ira-t-on ? Bientôt le mot femme risque également de disparaître du vocabulaire pour non-conformité aux idéaux progressistes de la fluidité des genres. On censure bien l’histoire, pourquoi pas la biologie ? »

Le terme de « privilège blanc » est devenu en quelques jours un lieu commun. Il n’y a de racisme que blanc, de privilège que blanc, et toute autre interprétation est raciste. Jusqu’où ira-t-on ? Bientôt le mot femme risque également de disparaître du vocabulaire pour non-conformité aux idéaux progressistes de la fluidité des genres. On censure bien l’histoire, pourquoi pas la biologie ?

Pour avoir ironisé à propos d’un article qui parlait de « personnes » ayant des règles, J.K. Rowling est en proie à une violente polémique sur les réseaux sociaux. La célèbre romancière, auteure des Harry Potter qui l’ont rendue célèbre et riche (plus que la reine d’Angleterre !), est devenue, pour une partie de ses fans, une horrible sorcière transphobe. Certaines femmes trans (à pénis) n’ont effectivement pas leurs règles. Et des hommes trans (à vulves) les ont. Pour ces militants trans, il est donc impropre et stigmatisant de parler de « femmes ayant leurs règles » et l’ironie de J.K. Rowling est transphobe.

Accablée par ces attaques, J.K. Rowling a publié un long texte d’explication. Elle y dit notamment que le sexe biologique est une réalité et que le dire n’est pas de la haine. Elle raconte avoir entamé des recherches sur l’identité de genre et les personnes trans, pour les besoins d’un livre.
Elle écrit qu’elle a rencontré des spécialistes de la dysphorie de genre (ne pas se sentir « né dans le bon sexe ») et des personnes trans, qui sont « profondément préoccupées par la façon dont un concept sociologique influence la politique, la pratique médicale et la protection des civils ».

Elle s’inquiète de l’énorme explosion du nombre de jeunes femmes souhaitant effectuer une transition et également du nombre croissant de personnes qui semblent « détransitionner » (retourner à leur sexe d’origine) et qui regrettent d’avoir pris des mesures qui, dans certains cas, ont irrévocablement modifié leur corps, et les a rendues stériles.

« Sur les réseaux sociaux, certains reprochent à JK Rowling, dans le contexte de l’affaire George Floyd, de mettre en avant de façon particulièrement obscène son privilège de femme blanche dominante, insensible à la transidentité. »

Il y a dix ans, précise-t-elle, « la majorité des personnes souhaitant passer au sexe opposé étaient des hommes. Ce ratio s’est désormais inversé. Le Royaume-Uni a connu une augmentation de 4400% des filles référées pour un traitement de transition. Les filles autistes sont extrêmement surreprésentées dans leur nombre. » Certains disent que si on ne laisse pas un adolescent dysphorique faire la transition, il se tuera. Cet argument, selon J.K. Rowling, est réfuté par des études psychiatriques. Si j’étais née trente ans plus tard, s’interroge-t-elle, « moi aussi, j’aurais pu essayer de transitionner. La tentation de fuir la féminité aurait été alléchante ayant vécu avec un trouble obsessionnel-compulsif sévère à l’adolescence. » Il est assez courant, à l’adolescence, ose-t-elle écrire, « de se sentir confuse, sombre, à la fois sexuelle et non sexuelle, incertaine vis-à-vis de qui on est ou on n’est pas ». Faut-il pour autant être poussé à la transition par des associations souvent militantes ?

J.K. Rowling déplore enfin que toute femme/féministe/homosexuelle, y compris trans, critiquant les énoncés de ces extrémistes, se fasse immédiatement attaquer, traiter de TERF (trans-exclusionary radical feminist ou féministe radicale qui exclut les trans). Parfois même interdire de réseaux sociaux.

Suite à la publication de ce texte, les injures ont redoublé. Pire, sur les réseaux sociaux, certains lui reprochent, dans le contexte de l’affaire George Floyd, de mettre en avant de façon particulièrement obscène son privilège de femme blanche dominante, insensible à la transidentité. Le casting de Harry Potter au grand complet s’est désolidarisé de J.K. Rowling. Ouf, sinon on aurait risqué l’autodafé des livres et le retrait des films. Daniel Radcliff (Harry Potter), Emma Watson (Hermione) et Rupert Grynt (Ron) ont affirmé : « Oui, les femmes trans sont des femmes. »

Désormais, se dire femme suffit à être femme, même si vous avez un pénis, des testicules et de la barbe. Et les femmes n’ont pas leurs règles : ça c’était le monde d’avant. George Orwell, inventeur de la novlangue qui se propose de purifier idéologiquement le langage dans son roman 1984, n’aurait pas trouvé mieux.

La revue des deux mondes

10 novembre 2018

Laïcité, égalité, féminisme, universalisme, les mots détournés ? avec Fatiha BOUDJAHLAT

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 17 h 09 min
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Questions Publiques du 22 octobre 2018 : Rencontre avec Fatiha BOUDJAHLAT pour son livre « Le grand détournement ». Interview conduite par Franck Renaud, Directeur de la Revue Place Publique et Philippe Audic, Président du Conseil de développement de Nantes métropole

6 août 2018

L’Universalité contre l’universalisme

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 9 h 26 min

Par Caroline Fourest dans Marianne.fr

Jadis, l’université était un lieu vertical, où l’on transmettait un savoir normé que l’on confondait avec l’universel, sans même l’interroger. Aujourd’hui, l’université s’est démocratisée. Elle est horizontale, truffée de séminaires et d’enseignants qui déconstruisent tout, parfois même l’essentiel : l’esprit critique, la transmission du savoir et l’aspiration à l’universel.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un intervenant universaliste ne soit attaqué ou déprogrammé dans une faculté. Cette semaine, ce fut le cas de Fatiha Boudjahlat et Christine Le Doaré, invitées à débattre des « contours d’un féminisme universaliste » à Nanterre. Beau sujet. Leurs noms seront finalement rayés sur pression de membres du Conseil scientifique du congrès international des recherches féministes dans la francophonie, lancé il y a vingt-deux ans au Québec et truffé de multiculturalistes allergiques au modèle français. La conférence prévue fin août se tiendra sans elles, et à sens unique. Ainsi va la vie universitaire depuis l’OPA réussie des communautaristes sur la recherche féministe et/ou antiraciste.

En Angleterre, les très rares représentants de la pensée universaliste, comme l’Iranienne Maryam Namazie, sont régulièrement déprogrammés ou attaqués par des étudiants et enseignants pro-intégristes, qui les insultent et les menacent. Moi-même, je ne peux plus intervenir sans prendre le risque de voir débarquer des fanatiques qui interrompent nos débats et tentent de m’agresser. Ne parlons pas des angoisses pour notre sécurité depuis le 7 janvier 2015.

Les amphis sont devenus de tristes théâtres où l’on produit surtout les spectacles des tenants du sectarisme intellectuel, de l’intégrisme, du complotisme et de l’incitation à la haine.

Les amis de Charlie ne peuvent prendre la parole sans un impressionnant et coûteux dispositif de sécurité. Jusqu’à 20 000 dollars s’il faut sécuriser la conférence publique d’un membre du journal en Angleterre ou aux Etats-Unis, où la protection des personnes menacées de mort en raison de leurs opinions n’est pas assurée par l’Etat. Autant vous dire que les facultés préfèrent inviter des personnalités moins coûteuses et moins menacées, comme les communautaristes, qui correspondent en plus à leur modèle de pensée.

La suite dans Marianne

24 mars 2017

Moins humoristique quoique…

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 9 h 02 min

Une information livrée par Fatiha Boudjahlat sur sa page Twitter, ce numéro qui va paraître sur le monde diplomatique qui traite sur les identitaires, que je partage, j’aime assez lire les dossiers de la presse que ce soit Marianne ou le canard Enchainé etc… Et vous ?

idenditaire

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