Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

14 juillet 2019

Toucher le fond

Dans la tourmente de sa vie, chaque coup reçu a émietté son cœur de pacotille… Il se croyait grand, libre quand en fait il n’était que broutille… Dans son crâne des mots se cognaient : Duperie ! Mensonge ! Manipulation ! Aigreur ! Vengeance ! Sa tête fracassée, brisée, laissa échapper des lambeaux de maux qui coulèrent sur sa face humiliée… Il se laissa glisser : « Il n’y a pas de fond dans l’enfer… » et disparut par où il était venu… du néant…

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RIDEAU

Depuis un certain temps, elle n’était plus comme avant. Elle  sentait en elle les crocs du piège à loup, la pince du piège à rat… Elle sentait son corps se recroqueviller, s’étoiler, se replier, se refermer sur son cœur et son âme… Coquille vidée… Dans un ultime tressaillement, elle ne put qu’expirer son dernier souffle… qui partit rejoindre toutes les âmes brisées dans le ciel des amours perdues.

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30 juin 2019

En cette année 2326

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 19 h 58 min

En cette année 2326, la Guilde État Entreprise YORUS vous parle

Que la force soit avec vous !

Branle-bas de combat !

Chers compatriotes citoyens entrepreneurs

Nous apprenons de source sûre, que la vague de chaleur qui s’est abattue sur le satellite 20056 de Geuzéheuse depuis plusieurs mois a provoqué un dérèglement du système spatio-septico-dolicios de nos camarades désignés volontaires avec l’effondrement du phare Miroirios, emblème de notre Guilde État Entreprise… Une montée de revendications hallucinantes et hallucinatoires a envahi nos usines, mettant en danger la productivité du plan HBX1358 !

Les scientifiques sont consternés car les sujets en cage, qui ne répondent à aucun traitement : les médicaments, breuvages et tortures imposés sont inefficaces… Après moult réflexions, consultations, une décision dure et longue a été prise par les plus hautes et sages autorités qui se sont rangées aux conclusions des scientifiques dont on ne peut contester la probité tant leur collaboration est immense et soumise aux lois de l’Etat-Entreprise !… Il s’avère qu’il n’y a qu’un seul remède pour régler ce problème !

Chers compatriotes citoyens entrepreneurs guerriers

Nous comptons sur votre sens de l’honneur et votre aptitude généreuse et dévouée à ce nouveau combat ! Certes la mission est nouvelle et particulière mais aucun de nous ne peut déroger à son devoir ! Nous garantissons votre sécurité, vous serez aidés de robots dans cette mission périlleuse mais non inaccessible ! Nous vous attendons nombreux aux bureaux des inscriptions !

Force et honneur !

Force est loi !

Des milliers et des milliers de citoyens entrepreneurs se présentent pour remplir leurs devoir, mais la sélection en laisse un certains nombres sur le carreau et beaucoup repartent étonnés mais heureux de la prime conséquente reçue pour leur non-embauche. Des sections spéciales sont créées pour les recrutés avec interdiction d’ouvrir le matériel livré où est apposé l’indication « Dangereux ». Des versements conséquents ont déjà été effectués sur leurs comptes bancaires affiliés obligatoirement à l’Etat-Entreprise.

L’heure du départ des héros sonne. Une cérémonie grandiose est organisée et retransmise dans le monde civilisé d’Yorus. Chez les archaïques enfin libérés de leur oppression, pour une somme modique, ils peuvent accéder aux festivités retransmises… Le chef suprême de la Guilde apparaît et donne une dernière information :

Chers honorables compatriotes citoyens entrepreneurs guerriers, nous vous avons préparé votre paquetage et vos instructions sont à l’intérieur, elles sont à lire dans le vaisseau avant votre endormissement ! Étudiez-les bien, il y va de notre avenir ! A votre réveil les faits et actes à accomplir seront implantés dans vos cerveaux !

Ce que ne leur dit pas le Guide Suprême c’est la transformation qui va accompagner ses implantations…

Honneur et gloire mes chers et vaillants honorables compatriotes citoyens entrepreneurs guerriers !

Après un voyage de quelques mois, ils arrivent sur Geuzéheuse. L’atterrissage se fait sans heurts, mais les vaisseaux sont attaqués par des hordes de Geuzéheusiens semblant affamés !

Les yorusiens sont stupéfaits tant par les hurlements des gens que par le spectacle de bâtiments éventrés, de magasins saccagés… Sans compter qu’ils ne se reconnaissent pas dans leur corps transformé ! Après le visionnage des lieux, le commandator donne ses instructions. L’affrontement est en marche ! Ils sont accueillis dans une frénésie par des gens dont l’apparence est toute nouvelle pour eux et qui chauffe leurs turbines ! Bien conditionnés par leurs implantations, ils se laissent guider et succombent sous le poids des envahisseurs !

La décision oui, avait été dure et longue à prendre pour un état qui avait choisi d’ôter chez ses membres tout aspect des genres divers et diffus génétiquement reçus de leurs ancêtres… Il avait fallu de longues et onéreuses recherches mais heureuses pour bloquer tout ce capital génétique : c’était le choix des nouveaux entrepreneurs de l’Espace qui ne voulait que des travailleurs dociles et sans contingences sensorielles fluctuantes risquant d’influer sur la productivité ! Devant les ravages sur Geuzéheuse, et la perte de milliards de milliards de Diamskarak*, l’échec est cuisant ! Il fallait bien se rendre à l’évidence : il avait oublié que dame nature n’aime point qu’on lui dicte une volonté autre que celle venue des fins fond de l’Univers !

C’est ainsi qu’un vieux slogan sorti des abîmes de vieilles civilisations  a refait surface : l’amour c’est d’enfer !

* monnaie de la Guilde

21 mai 2019

Le rendez-vous

Classé dans : Hi ronde d'ailes,Mes écrits 2019 — eructeuse @ 7 h 18 min

De vieilles tourterelles encore toutes pimpantes piaillaient déjà leurs dissertations, en sautillant sur la lave de leurs déconvenues, gaillardement, au rond de chute des cancans éternels…

Dame Ritournelle ouvrit grand ses volets aux couleurs changeantes ! L’air du temps venait de frapper trois coups à sa porte : il est l’heure demoiselle… Elle sortit d’un grand coffre qui semblait sans fond, une étoffe étincelante qu’elle posa sur la table de la salle à manger au bois blond. Elle déposa un nuage de souvenirs, un zeste d’amours transis, des senteurs d’herbe humide, des éclats de rire, et des « au revoir » joyeux… Elle partit enfiler une robe ondulante aux fleurs chantantes puis fit de son étoffe un baluchon tout rond. Elle embrassa sa maison d’un regard soyeux et lui dit : «J’ai un rendez-vous de printemps ! A bientôt la belle !»

20 mai 2019

CENGRILLON

Classé dans : Mes écrits 2019,Tristesse — eructeuse @ 20 h 13 min

C’est l’histoire d’une petite qu’on retrouva gisant au fond d’un ravin… Elle était si petite que son oubli dura bien longtemps… Cette petite chose recroquevillée au fond du ravin avait été surnommée cengrillon… C’est qu’elle en avait mangé la petite, des grillons, plein de terre dans sa misère !

On donna ce surnom à cette petite pousse qui vaquait, mal propre, ici et là, toujours en quête de pain… Les yeux sur les vitres des maisons cossues où de grands banquets semblaient remplir la vie des gens… Elle regardait émerveillée toute cette abondance affichée… Ce qui lui valait maints coups de balais !

Cengrillon avait été une belle petite toute enjouée qui n’avait pas peur de gratter la crasse des autres sous ses pieds… Un soir, mal lunée, sa patronne la vira sans perte ni fracas sauf qu’elle reçut la porte dans le nez et rien dans son porte-monnaie !

Elle alla chercher du travail dans les champs dans les près les vergés où roucoulaient parfois des amoureux… Oh elle ne les jalousait pas, leur bonheur lui mettait des étincelles dans le cœur ! Elle souriait toute à sa besogne : cueillir de quoi se nourrir…

Au fil du temps, passant de patronne marâtre en patronne marâtre, la belle petite Cengrillon courbait l’échine tant et tant qu’elle ne voyait plus la couleur du ciel, et quand il pleurait, ses larmes lui indiquait qu’elle allait devoir trouver un refuge moins humide que sa cabane au bois vermoulu…

Fatalement dans un monde peu reluisant pour celle qui fait briller les dorures des Paressants, elle n’eut plus qu’un petit sous pour finir sa semaine car les prix avaient grimpé, mais pas sa rémunération qui suivait le cours du bon vouloir du patron… Patron qui fit dire par son épouse qu’elle ne serait plus payée ni à la tâche ni à la semaine, mais au mois !

Tenir le mois, le mois ! Le mot faillit l’étrangler ! Tenir ce soir déjà !

« Tu n’as plus que tes larmes pour remplir ton porte-monnaie ! », se moquait la lingère. « Fallait économiser ou avoir la bouche plus petite ! » Mais son ventre avait grande faim même dans son corps tout petit ! La petite orpheline la regarda de ses grands yeux tristes sans comprendre d’où venait tant de méchanceté ?

Tenir en faisant cuire le poulet tenir en assaisonnant la salade tenir en mettant le couvert tenir en tranchant le pain ! Ni tenant plus elle vola les restes du poulet qu’elle engloutit dans la remise…

« Scélérate ! entendit-elle dans son dos ! Ah en voilà une goulue une voleuse tu vas voir ce qui t’attend! », dit le père Jeannot, jardinier de son état qui la surprit ! Sous la menace d’une dénonciation, il la saisit et enfonça son outil profond profond dans l’innocence de la petite ! Courbée, courbée, étouffée… Mise au fond d’un sac à charbon, jetée…

Personne ne s’inquiéta de sa disparition jusqu’au jour où l’on retrouva son cadavre, ses bottillons et des haillons… qui permirent de l’identifier… Autour de son cou, un médaillon, où il était écrit « Marie » ! Beaucoup se signèrent en l’apprenant ! Ainsi, elle avait un prénom…

27 avril 2019

Ni mondaine ni populiste

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 11 h 56 min

L’écribabouilleuse a encore frappé ! Cette écrivaine de pacotille va sortir un livre qui n’a ni queue ni tête ! Dire que ça n’a pas de tête, ça reste à prouver mais question queue c’est émasculer l’œuvre !

Au pays des queutards la Bordczyk se marre et dit : « Vous prendrez bien un doigt de racontars et même tôt ?

Bientôt à lire : L’Alarme au Cœur

21 avril 2019

La bohème

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 8 h 04 min

La bohème

Que ressent un bourgeois bohème quand il endosse un gilet jaune? Un frissonnement fraternel, même s’il n’a pas la même gamelle que le prolétaire éternel ?

Que ressent un bourgeois bohème quand il délaisse sa propriété à la taxe foncière démesurée et entre dans la cabane des révoltés sur le rond point qu’il a rejoint ? Il est bien des leurs, victimes unies, frères de ces taxes de misère ?

Armé de ses spartiates 100% bio, payées à un prix d’or, à la dernière bonne foire du vrai écolo, il va marteler le pavé aux cris de sa férocité d’en découvre avec le libéralisme des bourgeois capitalistes…

Il a délaissé ses cuillères en argent et goûte heureux au barbeuk à la bonne fumée prolétaire qui envahit son air… Puis il est l’heure de rentrer au bercail et de mettre tout son attirail dans son vestiaire révolutionnaire… heureux de sa BA de passage, parce qu’il n’y a pas de petites luttes ni de petits combats ! ?

19 avril 2019

La fée dansante

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 7 h 55 min

Pour savoir, elle savait, elle savait se donner de la peine, toute à sa besogne, du matin au soir… Elle en avait de la peine, elle en avait tant que son dos se courbait instantanément…

La tête dans son ouvrage, elle n’avait pas de rêves, on ne rêve pas quand la machine mitraille ton corps et que si tu ôtes les yeux de ton ouvrage, tu y laisses tes doigts… Pour ne pas avoir de rêves, l’Église et ses saints prêcheurs étaient là pour lui rappeler que c’est au paradis que tout commence… Et que sur terre il était de bon ton d’écouter son mari, son patron !

Puis un matin, la machine s’emballa, tonna et rendit l’âme… Alors dans ce silence imposé, la petite peinée attendit puis fila comme on lui ordonna, chez elle…

Peinée enfila son bonnet, ses bottes et son ciré et regarda le ciel qui pleurait en fortes giboulées… Elle passa par le marais qu’elle n’avait plus côtoyé depuis des années : toute sa beauté la requinqua, le souffle du vent caressait son visage, elle baissa sa capuche et laissa son visage et ses cheveux se couvrir de pluie… L’orage approchait, elle alla vers la cabane du père François, un ermite dont l’âge lui était inconnu mais point l’existence… Elle osa frapper et un jeune homme lui ouvrit la porte…

« Qui est-ce ? demanda son grand-père.

- Une âme égarée, dit l’adolescent !

- Alors fais-la entrer, elle a trouvé son refuge… »

Depuis ce jour, quand Peinée dansait sous la pluie, les gens disaient tout bas : « Voilà la folle ! » Mais Peinée s’en moquait de la foule car dans la cabane du marais, quand elle toquait à la porte, une voix cassée disait :

« C’est qui c’est qui ?

Et une autre répondait :

- C’est notre fée dansante papy ! »

Et alors elle était au paradis !

17 avril 2019

LE CHOC

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 1 h 43 min

Qu’il est terrible le crépitement des flammes un soir d’avril quand il s’abat sur un symbole de la religion… Tels les burins rectifiant la représentation du sphinx amputé de son nez dans la BD Astérix, les crayons et les pinceaux des artistes pleurent sur la toile, la douloureuse tragédie de l’incendie de la cathédrale de Paris ! Ce gigantesque monument national touristique, ho ma langue a fourché : historique !

Des programmes d’émissions de télévision sont déprogrammés : heureux téléspectateurs qui vont pouvoir jouir de l’immense spectacle avec Garou c’est fou c’est fou quel bonheur, toute cette culture ! Déjà dans le secret des dieux d’illustres pâtissiers confectionnent le saint bâtiment amputé de son toit que l’on pourra déguster avec les saintes cloches au chocolat paradisiaque qui s’annoncent déjà !

Sonnent sonnent cloches, tapent tapent burins, dessinent dessinent crayons, claironne claironne sainte culture, pâques approche… Il est bon de rappeler que fondamentalement la France est historiquement fille de l’Église Catholique. C’est ainsi que les généreux donateurs le christ sur leur cœur, lâchent leurs millions pour reconstruire le symbole de leur croyance sans bouger un petit sou pour la racaille SDF qui meure chaque année et salit les rues de Paris : chienlit !

Hourra hourra la cathédrale sera vite reconstruite : il s’agit d’être grandiose pour les jeux olympiques qui vont piquer les yeux des spectateurs du monde entier, rivés sur la France… Le tourisme aussi a tant besoin de se refaire une santé après le passage de ces saletés de Gilets Jaunes…

Mais comme certains le pensent la stratégie du choc n’est pas une illusion, le risque existe que le politique, profitant des émotions du citoyen tout à ses larmes légitimes, sorte de son chapeau une mesure ou réforme que le citoyen ne verra même pas passer comme la casse des retraites ou pourquoi pas une journée travaillée gratuitement pour le patrimoine national et les saints patrons !

Allons dans la paix de la reconstruction et puis les gens se ruent pour acheter « Notre dame de Paris » de Victor Hugo, ce n’est pas merveilleux ?

15 avril 2019

LA LOI DE LA FOI OU LA FOI DE LA LOI

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 17 h 44 min

Tous les matins que Dieu fait elle est là ! Toute de gloire vêtue ! Dans sa robe de reine immaculée, elle ordonne tonne pose les mots de ses décrets… Dans la beauté scintillante de sa raison sous l’or de sa couronne, elle est : la formule, le son, le ton qui modèlent ses sujets consentants… Ses milliers de serviteurs zélés répandent sa royale appréhension du monde ! Sa voix est loi ! Sa culture est universellement répandue dans un consentement hallucinant et ce qui est émerveillant c’est que des admirateurs à qui elle n’a rien demandé, se joignent à elle pour faire grossir le fruit de ses empirismes flamboyants ! Elle aime être comparée au pouvoir de la religion ! « Mais qui est-elle ? », demande un inconnu égaré par le plus grand des hasards dans ce monde incroyable, marchant au pas unique de cette royale divinité… Mais enfin monsieur le candide : « La bien-pensance ! »…

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Chut !

a créativité

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