Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

14 décembre 2018

La Petite

Classé dans : Chut !,Mes écrits 2018 — eructeuse @ 12 h 46 min

La Petite

 

La Petite portait sa brouette dans sa tête, une jolie tête mal faite. Elle aurait bien voulu la redresser, avoir l’air normal, dans l’atmosphère du paraître qui se jouait chaque jour dans les cours… Mais elle ployait, penchée, sous le poids de lourdeurs cachées… Chaque jour que Dieu faisait elle jouait sa bossue pour recevoir moins de railleries qui ricochaient sur son cœur d’enfant quelque heure qu’il fut… Moqueries qui balançaient le venin de serpents en mal de bien faire leurs sales besognes… Il n’y a pas d’heure pour les prédateurs… Les monstres n’étaient pas tapis dans l’ombre, ils vaquaient à leurs occupations comme monsieur et madame tout le monde…

Chaque mot, geste, regard, cri, chargé de fiel cassait un peu plus son âme, brisée, émiettée, elle n’était plus que bris qui partaient en poussière dans l’invisibilité de sa vie… Toutes les successions d’abaissements, d’anéantissements, de jugements étaient des bris répétitifs, une accumulation de fracturations de son âme…

La dernière blessure venue s’ajouter aux autres explosa la minuscule carapace de la Petite, ouvrit les vannes des douleurs contenues, les nœuds se dénouèrent en cascades de larmes déployées…

Elle avait appelé au secours, elle avait dit… Mais personne n’écoutait, on écoute pas qui n’existe pas…

Sa tête penchait de plus en plus : la Petite était recroquevillée en elle, labyrinthe sans sortie possible. Elle courait, elle courait, elle les regardait, elle les voyait, ils étaient là, mais ils ne la voyaient pas, elle appelait, faisait des signes, tapait sur les vitres, ils ne la voyaient pas, ils n’entendaient pas, les mots les gestes n’avaient pas de son, monde fermé… Elle cessa d’appeler…

Ça grondait encore à l’intérieur, elle se heurtait aux murs, cherchait son chemin, se cognait, tombait, repartait, pour un autre chemin, toujours pas de portes, de longs couloirs sans couleur tout en effroi, elle s’assit, se posa pour des prises d’air, mais toujours des coups de poignard qui surgissaient ça et là, alors les plaies jamais cicatrisées coulaient !

Pousser pousser tous ces murs ! Elle a essayé de survivre mais le labyrinthe a rétréci comme son âme meurtrie…

Puis le noir, le noir absolu, déchirure : elle s’en est allée comme une feuille d’automne tombée au sol dans le vent glacial de l’indifférence.

Elle ne tomba pas dans l’oubli, la Petite, on n’oublie pas ce qui n’existe pas…

6 décembre 2018

Puits rance en gloire au châteaumacron

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 7 h 26 min

Puits rance en gloire au châteaumacron

 

 

Rêves fulgurants d’aventureux

Terre financière et carnassière

Entretenus volontairement

Dans l’encens et l’pet d’argent

 

Puits rance en gloire

Dans la farce des œillades

Les Élections et les frissons

Au centre de châteaumacron

Pour un dépôt sur un grand trône

Puits rance en gloire

Avec fard et fracas

Qui tôt ou tôt

Finira sur l’échafaud d’un mot

 

 

Seigneur élu par anti-déferlante

Faux, narcissique ou ambitieux

Tous savent tout de ses projets

Ego ego rocorocococorico

 

Puis rance en gloire

 

Dans la farce des œillades

Les élections et les passions

Au centre de châteaumacron

Puits rance en gloire

Aux rêves éternels

Sous la façade sans arc en ciel

D’une lumière artificielle

Puits rance en gloire

Parvenu, advenu

Qui tôt ou tôt

Finira sur l’échafaud d’un mot :

Destitution ?

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5 décembre 2018

LE RÉSEAU

Classé dans : Atypique pique,Mes écrits 2018 — eructeuse @ 7 h 03 min

LE RÉSEAU

Fi que vous voilà bien désagréable, vous là-bas !

Ô toi, tu peux ricaner, tu n’es pas mieux !

Que de désagrément tu donnes à mon cœur rythmant sans rimes ses débordements tapageurs !

Vil faquin !

Ton électricité je la sens bien monter !

Ris ris, je n’ai pas encore perdu mes réparties !

Gare gare, la facture de mes revendications pourrait vous être présentée !

Ah tu m’enfumes encore !

Non non tes gaz n’atteindront pas ma liberté de penser : envahisseur de malheur et si ma mémoire défaille, je sais encore qui je suis !

Quoi quoi ? Que dis-tu toi aussi ?

Livreur de tendineuses exactions, tu veux réduire ma marche, tu me broies déjà si souvent les pieds, ça ne te suffit pas ?

Ah ! Tu te moques que je ne puisse plus porter que mes propos de sorcière ?

En cet instant où vous saccagez mon corps, oui je vous le dis, membres de ce vil réseau tentaculaire autoimmuné : Vous n’aurez pas mon âme sur  votre étal, du hachoir je vais table rase !

Tant que je peux ? ricanez-vous !

Oui tant que je veux !

27 novembre 2018

BOUM BOUM BOUM BOUM

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 7 h 46 min

BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Qu’est ce donc là ça cette petite chose

Il la prend il s’en sert passe par ici par là puis la jette

Petit rien de tous les matins

 

BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Pris par inattention par frustration inopinément ment

Servi par mauvais temps parapluie de sortie paravent sans serment

Jeté comme une vieille rengaine un mouchoir usagé pavé éclaté

 

BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Rendu mordu tendu

Lessivé lacéré compressé

Petite chose riquiqui servile

Petit rien de tous les matins

 

BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Ah petite chose elle se croyait un cœur

Elle n’était qu’une caisse à banquer

Elle se croyait un cœur

Elle n’était qu’un jouet pour fantasmer

 

BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Elle se croyait un cœur

Elle n’était qu’un self-service vice compris

 

BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Elle était un cœur

Elle croyait être aimée

Petite chose malmenée mal née

Petit rien sans rien plus rien

 

BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM

 

Tout au fond de son cœur elle savait, petite chose, qu’aimer ce n’est pas souffrir, ni faire souffrir, alors elle a mis son cœur dans une valise, elle est partie loin loin des voleurs de bonheur, faire le choix de la solitude, ce n’est pas un choix de vie, c’est un choix de survie…

BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM

coeur brisé

2 novembre 2018

AU LECTEUR INCONNU

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 6 h 34 min

AU LECTEUR INCONNU

A table, les divins trancheurs affûtent leur couteau, il va être l’heure de donner le verdict de celui qui sera le top chef des mots ! C’est qu’il s’agissait de choisir celui qui ferait le mien turbiner la caisse enregistreuse de la maison d’édition dont c’est le tour d’être à la Une du monde de la Course des élites ! Manger manger déguster, savourer les mets qui seront offerts comme sagesse vérité beauté des mots de la grande devanture… Puis les noceurs de la divine foire iront se pavaner dans ces lieux où se montrer n’est plus vraiment jubilatoire puisque la populace s’y prélasse… Le public, on l’aime que si on ne le voit pas comme l’inconnu qui signe le chèque, loin des yeux mais bien installé dans le tiroir confortable de la rançon du succès !

31 octobre 2018

CENT RIEN

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 9 h 24 min

Cent rien

J’ai un rien de folie en ce moment de la vie, j’ai un rien de paresse en ce mercredi si gris, j’ai un rien de caresse dans mes yeux malicieux, j’ai un rien de coquin dans mes mots sulfureux, j’ai un rien de sagesse quand je lis ton bouquin… Cher rien qui dit tout dans les mots de l’amour…

On n’a rien sans rien, dit-on… Mais Leibniz ne professe-t-il pas : « Cent mille rien ne sauraient faire quelques chose » ?

Tiens ça me rappelle une autre déclamation…

Ô  mon Vaurien allons buller dans une immense volupté ! Rien que ça !

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25 octobre 2018

Dame dame quel drame

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 6 h 59 min

Insupportable, intolérable, incroyable dame blablateuse, dame  » Je rirais si je n’avais les lèves gercées », aux crachats humoristiques saupoudrés d’acoustique n’a point de suppo suppo -vile diablesse-, hi hi suppositoire, -quelle histoire- à vous envoyer pour vous faire tordre les boyaux ce matin  ! Mais quel monde ! Alors pour se faire pardonner elle vous invite à aller voir ses « pages » il y a de quoi, boire, manger et rire,  oui buvons en toute modestie, à la santé de l’écriture qui bave plus vite que son ombre et elle conseille même : QUI VOLE UN ŒUF VOLE UN BŒUF ?

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19 octobre 2018

DIABLE

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 7 h 02 min

DIABLE

Mahlfieu sonne chez Hextaze, un dimanche matin tout fier de lui ! Il monte quatre à quatre le bel escalier dans l’entrée et rejoint son compère dans le salon : « Regarde ce que je t’ai amené, en direct du grenier de ma grand-mère !

- Ah t’es fou ! Tu veux ma mort ! 

 Mahlfieu est plié de rire !

- T’as perdu ton humour ! Tu bosses trop là ! Tu lui cherches la guerre ! Toujours plié de rire, t’es vraiment d’enfer ! Bosser le jour du seigneur !

   Hextaze qui n’a fait qu’effleurer le bouteille en plastique à l’effigie de Sainte Thérèse de Lisieux, maudit son ami !

- Tu finiras aux portes de l’enfer et tu pleureras de ne pouvoir y entrer ! Putain t’as fait fort ! En direct de Lourdes : c’est du lourd !

- T’es bon t’es bon je te retrouve ! Ah ah ah on ne dit pas putain mais Marie-Madeleine est pleine !

- T’es vraiment un gros porc qui ne respecte personne ! T’es d’une vulgarité !

- Ah ah ah c’est toi qui me parle de respect ! Tu passes ton temps, le nez collé sur les chasses d’eau des gens, à voir si leur pipi est jaune ou vert de gris, à vérifier s’il ne leur est pas poussé dans la nuit, un deuxième trou de balle !

- Je ne fais que mon métier ! J’ai des comptes à rendre moi !

- Tiens en parlant de comptes tu me paieras mon dû, si tu veux les résultats de ma dernière enquête !

Un bruit énorme retentit dans le bureau d’Hextaze !

- Le paiement est tombé, il est content de moi !

- Hé ne m’oublie pas monsieur l’avocat du Diable ! De moi aussi !

LA PANNE

Classé dans : Mes écrits 2018 — eructeuse @ 5 h 59 min

LA PANNE

« Tiens, les lumières de la rue sont éteintes, Cécile tâtonne, cherche le bouton de la lampe de chevet, le réveil est arrêté… Elle lève en entier le volet, c’est une belle nuit étoilée qui se finit… Elle enfile un pantalon, un pull et file sur le balcon et c’est une bonne odeur d’herbe fraîche qui l’accueille. Hum je vais boire mon café sur la terrasse, dit-elle… Pendant qu’il passe, je vais faire tenir cet épi qui joue à me rendre clown ! Tiens c’est fou comme ma mine a retrouvé ses couleurs, j’ai comme un goût de bonheur dans la bouche… »

Assise dans son fauteuil face à son pommier, elle savoure son café et ce moment intime avec la nature… Des pans entiers de souvenirs heureux chatouillèrent son esprit, des étoiles scintillent dans ses yeux ! Une certaine jovialité dynamise son corps ! « Bonjour les filles, cela faisait longtemps, trois petites souris dansent à ses pieds ! » Puis c’est l’horreur, des pneus crissent sur l’allée de cailloux gris, des gens crient, des gens l’entourent ! Il était temps ! En une fraction de seconde il lui ont versé dans les veines de quoi virer son égarement, vidé sa tasse de café et fait boire la liqueur de Sotère, le médicament du bon air ! « C’est bon, on rentre, mais c’était moins une ! Il y a beaucoup de panne en ce moment, tu parles d’une galère ! »

La lumière bleutée de la rue est revenue, avec son crépitement strident : les souris sont parties se cacher, déprimées… Cécile a un goût amer dans la bouche ! « Mais qu’est-ce que je fais dehors ? » Elle remonte à l’étage, le dos voûté, le teint jaune… Elle regarde l’horloge : « Ah c’est l’heure de mes médicaments » Elle ouvre son pilulier, avale ses cachets avec son eau minéral Sotère, sortie du ruissellement divin Mosantorien puis comme d’habitude enfile sa salopette, l’usine l’attend…

Le bonheur est une grave maladie que les gouvernements travaillent d’arrache-pied à éradiquer ! Il va sans dire que les laboratoires pharmaceutiques, œuvrent à la guérison des citoyens, aider par une panoplie de gens sympathiques qui travaillent avec ardeur au maintien de leur équilibre ! Une Sotère mon lecteur ?

17 octobre 2018

L’ami de coeur

Classé dans : Hi ronde d'ailes,Mes écrits 2018 — eructeuse @ 11 h 35 min

« Pourquoi encore partir ? Lui, si loin si loin de moi ! Ô cruelle destinée, pourquoi pourquoi ? Je suis toute bizarre ! Ai-je perdu la foi, mon père ?

- Allons mon enfant ! Mais non !

- Les cordes les cordes, je les ai vues lâcher ! Mourir, je l’ai vu mourir ! Le rejoindre ? La corde ? Mais sera-t-elle assez solide vu le poids de mes tracasseries ? Et puis lui n’aime pas les chaînes… Jésus est amour, n’est-ce pas mon père ? Jésus est dans son cœur !

- Oui oui ma fille… Mais tout cela me semble bien extrémiste…

- L’alcool ? Cela risque de prendre du temps, vu le trop plein de mes lamentations… Et puis il est si sobre…

- Allons mon enfant, reprenez-vous, profitez-en pour vous ressourcer…

- Le saut ? Joindre ma peur du vide au vertige de ses expéditions…

- Bon, je vois que me moral n’est pas meilleur Marie-Louise, mais votre André n’est parti que pour quelques semaines, certes l’Himalaya ce n’est pas la porte à côté, mais il vous a dit que cette fois ci, il ne grimperait pas…

C’est que la montagne lui a déjà pris un père et un frère à Marie-Louise et son cœur ne supporterait pas un autre drame…

- Ô ce qu’il dit !

- Avez-vous acheté une caméra comme il vous a conseillé de le faire !

- Oui mais je ne sais pas m’en servir !

- Bon je passerai Marie-Louise, pas de soucis ! Mais promettez-moi d’ôter ces vilaines pensées de votre tête !

- Oui mon père et vous resterez dîner ?

- D’accord à ce soir !

Avoir dans la vie, un soigneur de cœur avec la petite lumière pour l’âme éteinte, qui est, en plus, un vrai spécialiste en informatique : c’est un vrai passeport pour le réconfort !

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