Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

17 novembre 2018

NATACHA POLONY

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 29 min

17 novembre et les gilets jaunes : les  » pue-le-diesel » face au docte mépris par Natacha Polony directrice de la rédaction de Marianne

L’ampleur exacte des mouvements, samedi 17 novembre, n’y changera rien : ce qui se passe dans le pays dépasse de beaucoup les considérations comptables. Qui viendra mesurer le nombre de voitures à l’arrêt dans les villages d’Ardèche ou dans les rues de Vierzon ? Peu importe. Ce que nous raconte cette révolte des « pue-le-diesel », tous ces Français sommés d’être modernes et de se convertir à une « transition écologique » qui se fera, comme la mondialisation, comme à peu près tout, sur leur dos, c’est l’échec de l’illusion macronienne. Non, l’élection de mai 2017 n’a pas effacé par miracle les tensions qui travaillent le pays en profondeur, comme toutes les sociétés occidentales. Non, la promesse d’une réconciliation des citoyens par la magie du « déblocage » des « archaïsmes » et de l’adaptation aux critères du néo-libéralisme n’a pas été tenue. Au contraire, la fracture sociale – dont le diagnostic remonte à vingt-cinq ans – ne cesse de se creuser, même si les amortissements du système social français limitent la montée des inégalités et la trop grande misère.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe du macronisme en particulier, et du néolibéralisme en général, que de vanter la mobilité, la fluidité, l’absence d’attache et d’ancrage, comme étant la condition de la prospérité, et d’assigner à résidence les classes moyennes et les classes populaires en taxant le transport individuel sans jamais investir dans le transport collectif. Déplacez-vous, allez chercher du travail à Ussel quand vous habitez la Souterraine, à 1h54 de voiture (pour éviter de « foutre le bordel » quand le président est en visite, mais en payant l’essence et le diesel plus cher parce qu’il faut être écolo et que la seule façon de faire de l’écologie sans marge de manœuvre budgétaire et monétaire, c’est de taxer les classes moyennes. Lesdites classe moyennes trouvent cela un peu fort de café ? Étonnant !

La révolte des « pue-le-diesel » ne relève pas seulement du non-consentement à l’impôt. Elle pose la question de ce qu’est une démocratie.

La révolte des « pue-le-diesel » ne relève pas seulement du non-consentement à l’impôt, même si cette composante est essentielle. En effet, il ne peut y avoir consentement à l’impôt que lorsqu’existent deux éléments : le sentiment de partager un destin avec le reste de la communauté nationale, et la certitude que chacun contribue au pot commun. Quand les élites font « sécession », pour reprendre le constat posé par l’historien américain Christopher Lasch en 1994, quand des groupes et des individus pratiquent l’optimisation fiscale et défendent les intérêts de leur classe, par delà les appartenances territoriales, avant de défendre les intérêts de la communauté nationale, ceux que l’on somme de combler les manques se rebiffent.

D’autant que le pot commun est vide et que les citoyens voient se dégrader les services que l’Etat doit leur rendre en échange de leur contribution. Payer pour voir des routes entretenues, des lignes de chemin de fer déployées dans les territoires enclavés, des hôpitaux, des bureaux de poste, très bien. Mais payer tout en ayant l’impression de vivre dans un pays en voie de tiers-mondisation, voilà l’inacceptable. Regarder les routes ravagées (un rapport de la Direction des infrastructures de transport s’en alarmait cet été dans l’indifférence générale), regarder les petites lignes qui ferment parce que l’idée même d’un service public rééquilibrant entre les territoires est devenue baroque… voilà ce qui attise la colère.

Payer tout en ayant l’impression de vivre dans un pays en voie de tiers-mondisation, voilà l’inacceptable.

La révolte des « pue-le-diesel » dépasse la question du consentement à l’impôt pour poser la question bien plus fondamentale de ce qu’est une démocratie. Ces citoyens en colère se demandent tout simplement pourquoi leur est imposé un système dont ils ne veulent pas. Non pas qu’ils se refusent à prendre en compte l’urgence écologique. Tous savent que la situation est critique. Mais ils ne voient pas pourquoi ce sont les mêmes qui devraient payer alors qu’on maintient à l’échelle de la planète un système fondé sur le transport d’objets dans des porte-conteneurs bien plus polluants que leur modeste voiture au diesel. La division mondiale du travail est le plus grand facteur de pollution qui soit. Mais nul ne propose de remettre en cause le libre-échange…

Là est l’escroquerie. Le macronisme ne peut proposer une autre politique que de taxer les classes moyennes – ce qu’il « assume » avec une obstination qu’il tente de faire passer pour du courage – puisque cette autre politique nécessiterait une relocalisation de l’économie, un grand plan d’investissements pour lutter contre les passoires énergétiques et une planification sur dix ou vingt ans pour engager un changement de modèle. Autant de choses qu’a pu faire par exemple le Général de Gaulle en 1958 pour sortir le pays d’une situation à peu près aussi dégradée qu’aujourd’hui. Mais de Gaulle maîtrisait son budget. De Gaulle pouvait dévaluer. De Gaulle avait un commissariat au plan. Quand on ne croit qu’au marché, c’est plus compliqué… Et quand un Commissaire bruxellois guette les gouvernements élus pour leur interdire de mener la politique budgétaire choisie par les citoyens, cela devient impossible.

Le peuple, quand il s’organise spontanément, sent mauvais.

Alors, reste la disqualification des mécontents. La petite musique qui est montée cette semaine dans les médias et chez les politiques est une rengaine connue : « poujadisme », « relents anti-démocratiques »… Ou comment faire cadeau, une fois de plus, à l’extrême droite, d’une colère populaire. Ces citoyens-là, nous disent les doctes analystes, manifesteraient des « pulsions » de mécontentement sans structuration idéologique. Ils auraient des revendications contradictoires, voire pas de revendication du tout… Bref, les experts savent mieux qu’eux, et ces gens sont des « déplorables » pour reprendre le mot d’Hillary Clinton.

Il est vrai que beaucoup, à droite, se sont précipités à la remorque du mouvement sans pour autant avoir la moindre proposition de solution aux difficultés de ces classes moyennes et populaires. Mieux, certains soutiennent le mouvement tout en soutenant le système économique qui en est la cause. Et puis, à gauche, on fait comme à l’habitude, on se bouche le nez. Le peuple, quand il s’organise spontanément, sent mauvais. Une exception, et elle est intéressante. François Ruffin a le premier considéré qu’il fallait écouter ces citoyens, aller les rencontrer. Du coup, certains Insoumis y seront, quand les autres, Clémentine Autain en tête, continuent à trouver le peuple infréquentable.

Cette révolte est un des soubresauts de ces insurrections qui naissent dans tous les pays occidentaux.

Peu importe ce qui sortira politiquement de tout cela. Cette révolte est un des soubresauts de ces insurrections qui naissent dans tous les pays occidentaux. Mais justement, ces soubresauts se font en dehors des partis, en dehors des syndicats, en dehors de tous ces corps intermédiaires qui ont renoncé à penser une alternative au système néolibéral capable de répondre aux aspirations d’une majorité de citoyens, pouvoir vivre, travailler, perpétuer une culture dans un modèle de société fondé sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Ces soubresauts, s’ils ne sont pas pris en compte, peuvent se transformer en éruption. Certains se sont plu à souligner la radicalité du mouvement. Le sentiment d’impuissance et d’abandon engendre la radicalité. Le mépris de classe engendre la radicalité. De là naissent les révolutions. A nous de savoir si nous voulons reconstruire une véritable démocratie ou si nous continuons à ne pas voir les fissures de ce chaudron bouillonnant et au bord de l’explosion.

12 novembre 2018

OBSCURANTISME

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 6 h 09 min
Obscurantisme

L’asile d’Asia Bibi aurait été refusé par Londres par peur de « troubles » islamistes

Par Hadrien Mathoux dans MARIANNE

D’après l’association des Britanniques chrétiens d’origine pakistanaise, le gouvernement de Theresa May n’a pas donné suite à la demande d’asile d’Asia Bibi, menacée au Pakistan de mort pour blasphème.

Où trouvera refuge Asia Bibi, toujours coincée au Pakistan malgré sa libération, en raison d’un accord entre le gouvernement de son pays et les fondamentalistes musulmans ? Vraisemblablement pas au Royaume-Uni. Le Telegraph rapporte en effet que Londres a refusé la demande d’asile politique de cette Pakistanaise chrétienne, emprisonnée depuis neuf ans et condamnée à mort pour « blasphème » après avoir bu l’eau d’un puits réservé aux musulmans.

Après avoir été acquittée par la Cour suprême le 31 octobre, mais toujours sous la menace d’être assassinée par des islamistes radicaux, lesquels ont défilé par milliers au Pakistan pour réclamer sa pendaison, Asia Bibi, actuellement cachée dans son pays, a sollicité l’aide du Royaume-Uni où vit une importante communauté pakistanaise.

Mais d’après un groupe de militants, l’Association britannique des chrétiens pakistanais, Londres a renoncé à offrir l’asile à la mère de cinq enfants, pour une raison étonnante dans une démocratie occidentale. « La Grande-Bretagne était inquiète des troubles potentiels provoqués dans le pays, d’attaques contre les ambassades et des civils« , relate au Telegraph Wilson Chowdhry, membre de l’association qui constate, amer : « Ils n’ont pas offert d’asile automatique, alors que plusieurs pays se sont proposés. La famille ne viendra définitivement pas en Grande-Bretagne ».

Malgré l’aide extérieure apportée par le gouvernement de Theresa May, le refus d’accorder l’asile à Asia Bibi est lourd de symboles, relève ce chrétien pakistanais. D’après lui, « le Royaume-Uni est désormais un pays qui n’est pas sûr pour ceux qui seraient victimes d’une accusation de blasphème. Nous sommes parfaitement au courant qu’il y a des éléments extrémistes dans ce pays« .

Réaction timorée du gouvernement britannique

La nouvelle du rejet de la demande d’Asia Bibi a provoqué l’émotion d’un ancien membre du gouvernement de Theresa May, le conservateur Damian Green : lui et 19 autres parlementaires catholiques ont écrit à l’exécutif, affirmant qu’il était « inacceptable » de refuser l’hospitalité à la fermière chrétienne de 48 ans. La réponse du porte-parole du Home Office, l’équivalent du ministère de l’Intérieur, ne sera pas de nature à le rassurer… Refusant de commenter auprès du Telegraph les « cas individuels », l’officiel a donc éludé celui d’Asia Bibi et « salué les assurances du gouvernement du Pakistan de préserver la sécurité d’Asia Bibi et de sa famille« , ajoutant un très convenu : « Il est important que tous les pays cherchent à faire respecter la règle de droit et accordent la sécurité et la protection des droits de tous les citoyens, peu importe leur foi ou leurs croyances« .

Le rôle de l’exécutif pakistanais, dirigé par Imran Khan est pourtant plus que trouble dans cette affaire : le Premier ministre, favorable à une loi anti-blasphème, a cédé du terrain aux islamistes pour faire cesser les manifestations dans la rue, en s’engageant à lancer une procédure qui pourrait interdire à la chrétienne de quitter le territoire, et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement qui avait permis d’acquitter la fermière.

L’attitude de Londres sur ce dossier est donc fort équivoque. L’islamologue française Leïla Babès la juge d’ailleurs sévèrement : « Céder face au diktat des fanatiques, placer les lois communautaires au-dessus des libertés individuelles, offrir au monde le spectacle affligeant de sa lâcheté. En refusant l’asile àAsia Bibi, la Grande-Bretagne signe la faillite de son multiculturalisme », a-t-elle tweeté.

Une situation mise en lumière alors que depuis quelques mois, les Britanniques ont ouvert un débat sur les effets pervers du multiculturalisme, adopté comme modèle de société, qui permet à des groupes religieux radicaux de vivre en marge du reste de la population. L’actualité outre-Manche a notamment été marquée récemment par des attentats commis par des islamistes radicaux à Londres et à Manchester, ainsi que par des viols en série commis sur des mineures par des gangs issus de la communauté musulmane pakistanaise.

La famille d’Asia Bibi a demandé l’asile auprès de plusieurs pays, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Italie. La France a fait savoir qu’elle « étudie » la forme de l’aide qu’elle pourrait apporter, la maire de Paris Anne Hidalgo s’étant déclarée prête à ouvrir les portes de la capitale à la Pakistanaise persécutée.

 

Bolsonaro : la reprise en main annoncée de l’Enseignement

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 4 h 59 min

Par Irène Pereira, philosophe / En 1964, suite à un coup d’État, un régime militaire prend le pouvoir au Brésil et fait arrêter les opposants. Parmi ses premières cibles figurent le pédagogue brésilien Paulo Freire. Emprisonné pendant trois mois, il est torturé puis expulsé de force du pays, dans lequel il ne pourra revenir qu’à l’issue d’un exil de 15 ans. Pendant ces longues années, son œuvre est interdite au Brésil : elle est accusée d’être porteuse d’un endoctrinement marxiste.
Durant la campagne présidentielle qui vient de s’achever, le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro n’a pas hésité à magnifier cette époque où le régime au pouvoir s’en prenait aux opposants. Il a ainsi déclaré par exemple : « L’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer » . Un diagnostic qui vaut donc d’abord pour Paulo Freire, parmi tant d’autres.

« L’Ecole sans parti » : un mouvement en réaction aux études de genre et à Paulo Freire
La critique contre l’œuvre de Paulo Freire ces dernières années a été portée au Brésil par un mouvement conservateur : l’Ecole sans parti. Son objectif : faire interdire aux enseignants toute référence aux études de genre et à l’œuvre de Paulo Freire, le pédagogue décédé en 1997. Parallèlement, lors d’un déplacement au Brésil en novembre 2017, l’universitaire Judith Butler, promotrice d’une théorie du genre radicale, a été prise à partie par une foule déchaînée, tandis qu’une statue de papier à son effigie était brûlée à la manière d’une sorcière des temps postmodernes.
Ceux qui défendent l’œuvre de Paulo Freire rappellent qu’il a été prix de la Paix de l’Unesco en 1986 et docteur honoris causa de 28 universités dans le monde. Que son livre Pédagogie des opprimés a été traduit dans plus de 20 langues. Qu’il fait partie des 100 auteurs les plus cités dans les universités américaines, et qu’il est le troisième auteur le plus cité dans le monde dans le domaine des sciences humaines et sociales (selon une étude de 2016). Ce qui fait incontestablement de Paulo Freire l’universitaire brésilien le plus reconnu dans le monde.

Jair Bolsonaro : contre l’éducation démocratique et les droits humains
Si l’œuvre de Paulo Freire est si insupportable à des hommes politiques comme Bolsonaro, c’est qu’elle revendique le développement de l’esprit critique et qu’elle se donne pour finalité de développer un type d’éducation conforme à un ethosdémocratique. Les commentateurs consternés de la campagne présidentielle ont abondamment relevé comment Bolsonaro s’est illustré par des propos attentatoires à la démocratie et aux droits humains.
Contre la laïcité et les droits des minorités, il a affirmé que « Dieu est au-dessus de tous. Cette histoire d’État laïc n’existe pas, non. L’État est chrétien et que celui qui n’est pas d’accord s’en aille. Les minorités doivent se plier aux majorités. » A propos des personnes noires, au détour de propos sur les descendants d’esclaves fugitifs, il déclarait : « L’afro-descendant le plus léger pesait environ 80 kilos. Ils ne font rien ! Ils ne servent même pas à la reproduction. » Sa misogynie bien documentée s’est exprimée dans des termes divers et variés, parmi lesquels ce constat désabusé contre le travail des femmes : « C’est une disgrâce d’être patron dans notre pays, avec toutes ces lois du travail. Entre un homme et une femme, que va se dire un patron ? « Purée, cette femme a une alliance au doigt, dans peu de temps elle sera enceinte, six mois de congés de maternité » […] Qui paiera l’addition ? L’employeur […] et au final la Sécurité sociale. » Enfin on connaît sa férocité sans borne à l’encontre des homosexuels : « Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel. Je préfèrerais que mon fils meure dans un accident plutôt que de le voir apparaître avec un moustachu. »
Toutes ces déclarations ont abouti entre autres à la publication d’un manifeste de protestation : le Manifeste des Femmes Unies contre Bolsonaro (São Paulo) .

Paulo Freire : un symbole dans le monde d’une éducation en faveur des droits humains.
Avec toute la finesse qui le caractérise, Jair Bolsonaro a ainsi déclaré que s’il était élu, il comptait « entrer dans le Ministère de l’Education avec un lance-flamme et sortir Paulo Freire de là-dedans » .
Si Paulo Freire est une référence de l’éducation dans le monde entier, et une incarnation obsédante de tous les objets de détestation des bolsonariens, c’est justement parce que ses idées ont inspiré de nombreux courants de l’éducation en faveur des droits humains : pédagogie critique de la race (éducation anti-raciste aux Etats-Unis), pédagogie critique des normes (Education à la sexualité en Suède), pédagogie féministe (aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays….)

Le monde éducatif devant la montée des fascismes
Le problème du cas Bolsonaro tient aussi au fait qu’il exprime un mouvement plus général. Nous assistons actuellement en Europe et dans les Amériques à la montée de partis politiques qui s’en prennent dans leurs discours aux femmes, aux minorités ethno-raciales, aux migrants et aux minorités sexuelles. Des personnalités politiques prétendant aux plus hautes fonctions ou les occupant n’hésitent pas à attiser des discours de haine.
Or, de même que l’œuvre du pédagogue brésilien Paulo Freire est un symbole contre tous ces discours qui sont à l’encontre des droits humains, c’est l’ensemble du monde éducatif qui est pris à partie par la situation actuelle au Brésil et dans d’autres pays en relation avec la montée des extrêmes-droites. Plus que jamais, enseigner, forger des esprits critiques et former à l’ethos démocratique dans des conditions qui se dégradent année après année se présente comme une manière de résister au glissement de nos sociétés vers de nouvelles formes de fascisme.

Article paru le 30 octobre 2018, dans Non Fiction

http://www.fondation-copernic.org/index.php/2018/11/01/bolsonaro-la-reprise-en-main-annoncee-de-lenseignement/

Dérive

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 4 h 43 min

Fondation Copernic 

Brésil : Crise démocratique, dérive réactionnaire et menace fasciste par Franck Gaudichaud, politiste

« Je n’ai jamais été seul, j’ai toujours senti la présence de Dieu ». Voici les premiers mots prononcés par le nouveau président du Brésil à l’annonce de sa victoire électorale, le 28 octobre, après avoir prié devant les caméras aux côtés d’un pasteur évangéliste.

Une ascension fascisante fulgurante

Le désastre annoncé a donc eu lieu : pour cette huitième élection depuis la fin de la dictature, en 1985, l’ex-capitaine Jair Bolsonaro vient de conquérir l’exécutif du plus grand pays latino-américain et de la 7éme puissance économique mondiale (avec 209 millions d’habitants). Il a réussi à rafler plus de 55% des suffrages (58 millions des voix valides), soit presque 10 millions de plus qu’au premier tour, suite à une campagne axée sur un discours fascisant, marqué par les provocations racistes, misogynes et homophobes. Son « fonds de commerce » a été son hostilité envers le Parti des travailleurs (PT), centre-gauche au pouvoir de 2002 à 2016, tout en qualifiant de « terroristes » les militants des mouvements populaires, notamment les sans-terre, les sans-toits et les syndicalistes. Partisan de la libéralisation des armes, de la militarisation des favelas, admirateur de Trump et de Pinochet, il s’est construit une image de candidat antisystème et anticorruption. Sa campagne financée, sans aucun contrôle, par de grands groupes capitalistes (1), a aussi été celle des « faxe-news » et d’un usage massif des réseaux sociaux contre son adversaire du PT, Fernando Haddad.

Les premiers noms du futur gouvernement confirment une combinaison de néolibéralisme et d’autoritarisme répressif. C’est l’ultra-libéral Paulo Guedes qui sera à la tête d’un super ministère de l’économie. Il est une garantie pour la grande bourgeoisie, et a annoncé son souhait de privatiser la quasi-totalité des entreprises encore publiques, de baisser les salaires et de démanteler le système de retraites. A la tête du gouvernement, on retrouvera une figure de la droite dure « traditionnelle », Lorenzoni. Et à plusieurs postes clefs devraient s’installer des représentants de l’agrobusiness et des militaires, dont le général Augusto Heleno à la défense (connu pour son rôle controversé au sein des troupes d’occupation de la MINUSTAH en Haïti). Enfin, le juge conservateur « anti-corruption » Sergio Moro a accepté le ministère de la justice. Moro n’est autre que le magistrat qui a mis derrière les barreaux l’ex-président Lula pour « corruption passive », sans preuves à ce jour, alors que le leader du PT était largement en tête dans tous les sondages… Bolsonaro n’a cependant pas de majorité au Congrès (où domine néanmoins la droite, même si le PT reste la première force).

 http://www.fondation-copernic.org/index.php/2018/11/04/bresil-crise-democratique-derive-reactionnaire-et-menace-fasciste/

10 novembre 2018

Laïcité, égalité, féminisme, universalisme, les mots détournés ? avec Fatiha BOUDJAHLAT

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 17 h 09 min
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Questions Publiques du 22 octobre 2018 : Rencontre avec Fatiha BOUDJAHLAT pour son livre « Le grand détournement ». Interview conduite par Franck Renaud, Directeur de la Revue Place Publique et Philippe Audic, Président du Conseil de développement de Nantes métropole

9 novembre 2018

Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas !

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 15 h 33 min

Brésil, Dieu a voté ! La victoire du nouveau président Jair Bolsonaro est aussi celle des évangéliques, des protestants ultra-conservateurs très influents au Brésil. Qui sont ces adeptes de l’Église de l’Assemblée de Dieu qui ont porté l’extrême droite au pouvoir ?

elise lucet

Un reportage à regarder d’ « Envoyé Spécial » : édifiant ! Tout est en place pour une nouvelle dictature ! L’abrutissement des masses dans toute sa splendeur ! Pauvre petit Jésus emporté dans cette galère !

7 novembre 2018

ON NE DIT PAS MALADE MAIS CLIENT

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 20 h 33 min

homéopt

6 novembre 2018

GUSTAVO PUENTE AVELLAVEDA

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 16 min

gustavo

François Ruffin

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 04 min

ruffin6

5 novembre 2018

TOUCHE PAS A MA LAÏCITE

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 13 h 56 min

Ce n’est pas à notre République de modifier son cadre législatif pour s’adapter aux religions, et notamment à l’Islam, mais c’est à ces mouvements cultuels de se conformer à notre civilisation.

Toucher à la loi de 1905, c’est naturellement, la rogner, la restreindre.

Un discours nous est régulièrement asséné, où il est mentionné « Islam de France ».
Mais, il n’y a pas lieu d’avoir un Islam de France, mais un Islam en France.

Au sujet de la formation des Imams, il y a déjà un cadre législatif pour sanctionner ceux qui ont des prêches illégaux.

De plus, est-ce que l’État s’occupe de la formation des prêtres, rabbins ou pasteurs ?

Ouvrir cette boîte de Pandore, c’est de fait, arriver au gallicanisme.

Après l’Islam, nous, acteurs de terrain, nous voyons poindre un mouvement évangéliste très actif.

Que fera le gouvernement pour lui plaire ?

La laïcité est l’unique protection de notre République et l’organisation de notre société !

https://mobile.lemonde.fr/…/macron-envisage-d-amender-la-lo…

Pris sur LAÏCITE 30 FB

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