Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

13 janvier 2020

RIVERA RONDON

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 8 h 04 min

A RIVERA RONDON

Magnifique !

12 janvier 2020

PAS MIEUX !

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 6 h 04 min

Michel Fize, sociologue : «L’âge pivot, c’est l’arbre qui cache la forêt»

11 janvier 2020

ANNA BEREZOVSKAYA

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 37 min

anna berezovskaya

Joli ! Fort…

8 janvier 2020

Anna Raczka Pologne

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 14 h 28 min

Anna raczka

Magnifique !

5 janvier 2020

Je suis Charlie

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 8 h 47 min

GUY KONOPNICKI  :

Charlie Hebdo, bientôt cinquante ans, décimé il y a cinq ans : non, rien n’est pardonné

publié sur Marianne le 4-01-2020

Cette année 2020, “Charlie” fêtera ses 50 ans. En 1970, l’hebdo satirique a pris le relais d’“Hara-Kiri”, censuré pour une “Une” un peu trop irrévérencieuse à la mort du général de Gaulle. Le journal commémorera aussi le 7 janvier la tuerie en son sein de huit collaborateurs tombés pour la liberté d’expression. 

Cinq ans, déjà ! Le 7 janvier 2015 est désormais une date historique. Ce jour-là, huit collaborateurs de Charlie Hebdo tombaient au champ d’honneur du combat pour la liberté. C’est peu dire qu’ils n’avaient jamais songé à entrer dans l’histoire, surtout de cette façon, en quittant cette vie qu’ils avaient tant aimée. Charlie était né d’un rire contre la mort, ce fameux Bal tragique à Colombey du 16 novembre 1970, dernière danse d’ Hara-Kiri, aussitôt interdit par Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur. Rire de la mort de l’ancien président Charles de Gaulle était un scandale, en plein bal des faux-culs, dans cette France qui, un an plus tôt, avait voté « non » au référendum. Naturellement, les vertus outragées, les censeurs, le giscardo-pompidolien Marcellin en tête, appartenaient souvent à cette vieille droite réac qui s’était débarrassée du Général sur fond de rancœurs et de haines recuites. Et Hara-Kiri osait une allusion à une tragédie toute fraîche, survenue à la Toussaint, l’incendie d’une boîte de nuit transformée en bunker par des gérants obsédés par la resquille. Un drame effroyable, 146 morts, toute la jeunesse de Saint-Laurent-du-Pont, commune de l’Isère jusque-là inconnue. Dès novembre 1970, un nouvel hebdomadaire paraissait, avec le même ton provocateur : « Lisez “Charlie Hebdo”, le journal qui profite du malheur des autres. »

Georget Bernier, alias professeur Choron, et son complice François Cavanna auraient pu reprendre à leur compte le slogan de Georges Pompidou : « La continuité dans le changement. » Charlie Hebdo remplaçait Hara-Kiri, avec le même éditeur, tout en en accélérant l’évolution.

Oser un journal “bête et méchant”

Dix ans plus tôt, en 1960, Choron et Cavanna bousculaient les pudeurs d’une société compassée, quelque peu hypocrite, la France de Michel Debré et d’Antoine Pinay, celle d’un temps marqué par l’accès au confort, HLM et arts ménagers, télévision et Dauphine Renault. Choron et Cavanna n’inventaient pas l’humour grinçant, moins encore l’anticonformisme. Boris Vian venait de mourir, lors de la projection d’une adaptation de J’irai cracher sur vos tombes. Pierre Dac et Francis Blanche battaient tous les records d’audience radiophonique, de « Signé Furax » à « Malheur aux barbus ». Pourtant, dans une France intelligente, patrie de Descartes et de la raison, et bien sûr, une France gentille, celle de Jean Nohain et de l’abbé Pierre, il fallait oser fonder un journal « bête et méchant ». Hara-Kiri va transformer les genres méprisés, à commencer par le roman-photo, jusque-là immergé dans l’eau de rose de la presse du cœur. Le détournement visuel, l’érotisme, le langage cru des bulles, cassent le genre à grand renfort de scénarios déjantés. Choron ose aussi s’attaquer à la publicité, aux réclames qui s’étalent dans les journaux et sur les murs. Au cœur des années de croissance, les lessives lavent plus blanc que blanc, les robots ménagers libèrent la femme, le PMU fait des millionnaires chaque dimanche, et l’anis jaune, apéritif des sportifs, imprègne les maillots du Tour de France. Hara-Kiri reprend et détourne les images et les slogans. Il fonde un humour visuel, quand la bande dessinée étouffe dans le carcan de la loi sur les publications destinées à la jeunesse. Hara-Kiri va bientôt rassembler les talents : Fred, Topor, Wolinski, Reiser, Gébé et Cabu transforment le dessin de presse et le roman graphique. Les ligues bien-pensantes harcèlent le mensuel, qui écope régulièrement d’amendes et d’interdictions d’affichage.

L’esprit Hara-Kiri s’impose cependant jusqu’à l’ORTF, où Jean-Christophe Averty réalise « les Raisins verts », l’émission la plus anticonformiste de toute l’histoire de la télévision française. Averty, fils d’Alfred Jarry et des jazz-bands de Louisiane, encyclopédie vivante des poètes fous et de la chanson française, propulse le professeur Choron devant les caméras. Entre autres jeux de cons, le professeur enseigne l’art de casser sa télé à coups de marteau. Sur fond de jazz, la rencontre de Jean-Christophe Averty et du professeur Choron n’est pas une simple anecdote. Au milieu des années 1960, la culture underground traverse l’Atlantique. Jazz, rock, pop art et bande dessinée. Cette contre-culture féconde la vague de contestation politique et sociale de Mai 68. Nul besoin de manifeste vengeur, le choix de l’expression graphique suffit à marquer la rupture.

Porte-voix de toutes les libertés

En 1969, l’année de Woodstock, les Editions du Square, éditeur de Hara-Kiri, lancent un « mensuel plein d’humour et de bande dessinée », avec pour rédacteur en chef un des meilleurs connaisseurs du jazz, Delfeil de Ton (alias DDT). Le personnage principal des Peanuts, Charlie, donne son nom au mensuel. Un festival de talents ! Wolinski et Reiser rêvent cependant d’un rythme plus proche de l’actualité. Cavanna les appuie. Hara-Kiri Hebdo voit le jour début 1970. Vendu à la criée au Quartier latin, par un fameux colporteur, Ali Akbar, muni d’une fausse carte barrée de tricolore signée du professeur Choron, Hara-Kiri devient aussitôt l’organe de la génération contestataire. Tant d’autres s’affairent alors à penser des revues d’avant-garde ! L’interdit de novembre 1970 fut, force est de le reconnaître, un formidable coup de pub. Charlie Hebdo bousculait tous les codes, il était le miroir d’une jeunesse avide de changement. La contestation dans la contestation. Précurseur, avec Gébé, dont l’An 01 aura précédé tous les manifestes écologiques. Féministe, il salue le manifeste des 343 « salopes » revendiquant l’IVG, d’un fameux dessin de Cabu où l’on voit le très nataliste Michel Debré avouer les avoir engrossées, pour la France. Le dessin de Cabu popularise la cause, autant que la publication du manifeste lui-même dans le Nouvel Observateur. Ce qui n’empêche pas Reiser de traiter le féminisme par une tendre dérision, dans une série de planches, au titre immortel, Vive les femmes.

Wolinski couronne le roi des cons, tandis que ses deux bonshommes commentent les débats d’idées, à la manière de Bouvard et Pécuchet. Charlie Hebdo bouscule toutes les versions du confort intellectuel, celle des bourgeois comme celle des communistes, celle du Beauf de Cabu, comme celle de l’intello de gauche élitiste que ne ménagent ni les éditos de Cavanna ni le bloc-notes de DDT. La littérature sort des chemins tracés par les avant-gardes autoproclamées. Charlie, bien avant les cuistres, accompagne le renouveau du polar, par des chroniques du mensuel signées Shuto Headline, pseudo de Jean-Patrick Manchette.

Je suis Charlie dans Art, vie et avis 20155_1230078_k6_k1_2880434

L’hebdo n’est pas un organe engagé au sens classique du terme. Journal de toutes les libertés, il brocarde tous les préjugés, pratique avec bonheur le blasphème, ne ménageant aucune religion, et ridiculisant toutes les formes de racisme. La cause est entendue, par un dessin de Reiser, les racistes ont de petites bites. Mais, en dépit du renfort de Siné, à partir de 1981, Charlie Hebdo ne résiste pas à l’embourgeoisement de son lectorat. L’étudiant rigolard de 68 se fait sérieux, à partir du 10 mai 1981. François Mitterrand au pouvoir, les zygomatiques se coincent. Sur TF1, Michel Polac offre à Charlie Hebdo un dernier « Droit de réponse ». C’est peu dire que Siné sème sa zone sur le plateau, suivi par Gainsbourg qui gonfle une baudruche à hauteur de sa braguette, en accusant Dalida d’avoir provoqué la mort de Charlie en traînant l’hebdo en justice pour un photomontage dévoilant son intimité. La presse bien-pensante se déchaîne contre la télé poubelle. Il s’en fallait de peu pour que l’émission passe à la trappe.

Le premier Charlie Hebdo meurt, en essaimant dans toute la presse. Wolinski est entré à l’Humanité et au Nouvel Observateur, où Delfeil de Ton reprend son bloc-notes. Siné dessine pour l’Evénement du jeudi, lancé par Jean-François Kahn, où Tignous fera ensuite son entrée. Cabu devient l’idole des enfants dans les émissions de Dorothée et emmène son Beauf au Canard enchaîné. Cavanna raconte avec succès sa jeunesse d’enfant d’immigré, dans les Ritals, puis ses souvenirs de captivité en Allemagne, avec les Russkoffs.

L’esprit Charlie n’est pas mort. Le journal renaît en 1992, à l’initiative de Philippe Val. Les anciens, Cavanna, Cabu, Siné et Wolinski lui donnent sa légitimité, en dépit de l’opposition de Choron, vexé d’avoir été le dernier informé de cette résurrection. Honoré se joint à la nouvelle équipe. Cet artiste exceptionnel, illustrateur du Bestiaire d’Alexandre Vialatte, avait été jadis incité par Topor à travailler pour une revue née de 1968, Le fou parle, de Jacques Vallet. Il dessinait à la plume et gravait sur des cartes à gratter, jouant souvent à détourner les toiles des grands maîtres. Solitaire, timide peut-être, il se montrait fort peu, et livrait, par la poste puis par fax, ses dessins pour le Magazine littéraire, Globe et l’Evénement du jeudi . Le nouveau Charlie Hebdo propulse une nouvelle génération de dessinateurs. Tignous (lire pages 50 à 53 les bonnes feuilles du livre de son épouse, Chloé Verlhac), Charb, Luz, puis, plus tard, Coco, entre autres. Plus ouvert au texte que l’ancien, il recrute des plumes, dont Renaud, Philippe Lançon, Caroline Fourest et Bernard Maris.

Le refus de céder

Il fallait oser engager un économiste dans un journal satirique ! Car Oncle Bernard était professeur des universités, agrégé d’économie générale, et fut même membre du conseil de la Banque de France. Cet iconoclaste, qui collabora aussi à Marianne , était un formidable pédagogue, qui tenait la rupture avec la langue épaisse des pédants pour la base même de la critique de l’économie. D’autres s’adressent aux patrons, hauts fonctionnaires et autres boursicoteurs. Oncle Bernard entendait parler à ceux qui font l’économie, par leur travail, à ceux qui subissent les décisions des bureaucrates comme les choix des industriels, des banquiers et des gouvernements. Bernard Maris était à l’aise en compagnie des humoristes, il avait tant d’humour quand il dévoilait la vérité des mécanismes complexes, ces masques élégants de la course au profit.

La vie de ce nouveau Charlie Hebdo a été des plus mouvementées, il y eut des crises internes, Siné fut raccompagné vers la sortie. En veilleur, Charlie Hebdo vit se profiler les exigences d’une religion qui entendait se situer au-dessus des lois de la République. Son refus de céder à l’injonction de respect lui valut un procès retentissant, pour avoir osé publier des caricatures du nommé Mohamed, considéré comme un prophète. La loi républicaine n’interdisant pas le blasphème, Charlie Hebdo remporta avec brio la bataille judiciaire. Dès lors, il se forma un chœur compassé de prétendus défenseurs des pauvres, qui tentèrent (et tentent toujours) de faire passer l’islam pour une culture libératrice, le voile des femmes pour une manifestation de liberté, et le terrorisme pour une manifestation de violence sociale.

Des foules, encadrées par des organisations totalitaires, manifestaient contre Charlie Hebdo, en des pays qui, tous, pratiquent la torture, la lapidation, la pendaison et la décapitation. Charlie Hebdo se vit accuser de racisme, rien de moins ! Raciste, ennemi des enfants de banlieues, Charb, militant communiste, dessinateur pour l’Humanité, où Wolinski était passé quelques années plus tôt ? Raciste, Cabu, le Grand Duduche, qui avait consacré plusieurs albums à l’extrême droite, qui avait immortalisé le crétin au front bas, ce beauf effrayé par tout ce qui ne lui ressemblait pas ? Et notre Tignous, oui, notre Tignous, dessinateur à l’Evénement du jeudi et à Marianne, en même temps qu’à Charlie, Tignous qui trouvait le temps d’enseigner le dessin aux enfants de Montreuil.

Nous ne pouvons pardonner, nous ne pouvons oublier. Comment oublier Tignous, qui, le mardi 6 janvier 2015, était assis parmi nous, à Marianne, comme chaque mardi, avec ses crayons et ses pastels, et qui tomba le lendemain matin, mercredi 7 janvier, le crayon à la main. Nous connaissons les détails de cette tragédie par le récit de Philippe Lançon, le Lambeau. Le 7 janvier, deux salopards, dont il est inutile de répéter les noms trop connus, ont fait crépiter l’arme des lâches sur cette équipe talentueuse, libre et généreuse. Nous ne laisserons pas salir leur mémoire. Ils avaient l’insolence des esprits libres, ils n’avaient guère de goût pour le martyre et riaient des expressions pompeuses. Et pourtant, ils sont tombés au champ d’honneur, en combattants de la liberté.

31 décembre 2019

PASCAL CAMPION

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 12 h 52 min

pascal campion (2)

Superbe

23 décembre 2019

PEDRO ROLDAN MOLINA ESPAGNE

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 8 h 35 min

pedro roldan molina

Magnifique

22 décembre 2019

DAVID AGENJO

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 38 min

david agenjo

SUBLIME !

Régis de Castelnau

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 6 h 59 min

Vududroit.com 19/12/2019

Affaire Ladj Ly : féminisme à géométrie variable

Ne m’étant pas du tout intéressé à la sortie du film « Les Misérables » j’ignorais à peu près tout tant du contenu du film que de la personnalité de son auteur et des conditions de sa réalisation. J’avais juste noté les spasmes d’admiration de la « gauche culturelle » et la communication infantile du président de la république sortant de la projection. Rien de nature à ébranler mon indifférence. Certes le tombereau d’injures déversées par le réalisateur sur Eric Zemmour et Zineb El Rhazoui m’est tombé sous les yeux, mais à ce moment-là dans la petite France des belles âmes, ce n’était à leur sujet que les habituelles surenchères et appels à la censure. Je ne peux non plus rien dire sur le film, ne l’ayant pas vu, mais ayant entendu beaucoup de mes amis en louer les qualités.

La belle histoire abîmée

Et puis voilà que la routine des appels au boycott et des pétitions incendiaires contre Roman Polanski fut soudain troublée par le rappel d’un passé délinquant assez corsé du nouveau héros de la diversité. Avant de revenir sur le fond, on se permettra d’ironiser un peu sur la façon dont cela s’est passé. Un petit article publié dans Causeur et repris par Valeurs actuelles qui raconte une drôle d’histoire. Il y a une dizaine d’années Ladj Ly aurait participé à une équipée sauvage en mode « crime d’honneur pour fornication » au cours de laquelle un homme aurait été enlevé, séquestré, enfermé dans le coffre d’une voiture puis arrosé d’essence et n’aurait dû son salut qu’à la fuite. L’histoire semble simple, un homme marié aurait osé avoir une relation consentie avec la sœur majeure du chef du commando. Après avoir corrigé sa sœur, le charmant garçon aurait pensé indispensable de donner une leçon, disons cuisante, à l’auteur de cette humiliation. Le lecteur notera l’utilisation du conditionnel car cette présentation est le fruit de la consultation de la presse, et des quelques éléments dont on peut disposer aujourd’hui. Il est donc impossible de garantir la véracité de cette description dans tous ses détails.

À la suite de cette équipée, les trois protagonistes ont fait l’objet d’une procédure judiciaire ayant abouti à des condamnations du tribunal correctionnel de Bobigny. Il est clair que cette histoire était de nature à bigrement écorner l’image du nouveau héros des « quartiers ». La première réaction de ceux qui gardaient un souvenir douloureux de l’affaire Meklat,  fut de nier les faits (!), crier au complot d’extrême droite et à la fake news. Il leur fallut battre rapidement en retraite devant l’évidence et la réalité de cette condamnation. Alors les belles âmes se sont lancées dans une triple stratégie : minimiser les faits, disqualifier l’information puisque donnée par des médias quasiment nazis, et enfin annoncer à grand son de trompe par le principal concerné le dépôt d’une plainte pour diffamation et « diffamation raciale ». Tout ceci a créé un joli bazar, une bataille homérique autour de la notice Wikipédia du réalisateur, et un incendie géant dont médias et réseaux raffolent. Et où la bien-pensance bat tous les records de gêne et d’hypocrisie.

Un peu de droit permet d’y voir plus clair

La confusion juridique s’est immédiatement installée, et il serait peut-être opportun d’essayer de remettre autant que faire se peut, un peu d’ordre. On prendra évidemment la précaution initiale de rappeler que sans lecture du dossier et des décisions intervenues, tout ceci est sujet à révision ou à confirmation. Donc une fois de plus utilisation du conditionnel.

La victime aurait donc, programme très réjouissant pour elle, été enlevée, séquestrée, enfermée dans le coffre d’une voiture, battue à plusieurs reprises, et arrosée d’essence. Elle aurait alors réussi à s’enfuir et se mettre à l’abri. Les auteurs du forfait ont été arrêtés et une information judiciaire criminelle a été ouverte. En effet, dans un premier temps l’auteur principal et ses complices dont Ladj Ly ont été mis en examen pour tentative de meurtre. Qualification normale puisqu’il était logique de penser que d’utilisation de l’essence était destinée à brûler vif le fornicateur. L’information n’a semble-t-il pas permis d’établir l’intention homicide, et le juge a prononcé le renvoi non pas en Cour d’assises mais devant le tribunal correctionnel des protagonistes en retenant les qualifications de séquestration et de complicité de séquestration. Une observation à ce stade : la complicité, retenue contre Ladj Ly, consiste en une aide à la commission de l’infraction par fourniture de moyens. Les peines encourues sont les mêmes que celles de l’auteur principal. Dire comme l’ont fait ses conseils qu’il n’avait pas commis « personnellement de violences », c’est un peu se moquer du monde. Le tribunal de grande instance de Bobigny aurait ensuite statué au-delà des réquisitions du parquet et condamné l’auteur principal à 5 de prison ferme et ses complices à 3 ans de la même peine avec arrestation à l’audience. La cour d’appel aurait diminué ces quantums et ramené celle de Ladj Ly à deux ans dont un ferme.

Compte tenu de ce que l’on peut connaître des faits, on peut dire que les amateurs de vendetta familiale contre le « crime de fornication » ne s’en sont pas trop mal tirés. Tant mieux pour eux. Ils ont désormais payé leur dette et Ladj Ly ne serait pas le premier à être sorti de l’ornière pour ensuite réussir dans la voie artistique. On se permettra simplement d’ajouter qu’il serait opportun qu’il évite de passer son temps à donner des cours de morale et à injurier grossièrement les gens qui ne sont pas d’accord avec lui. Une certaine modestie n’a jamais fait de mal à personne, et là manifestement elle s’impose.

Alors les ami.ie.is.ies ?

En revanche et parce qu’on a mauvais esprit, on s’autorisera quand même une certaine joie mauvaise en pensant à la gêne des belles âmes néo féministes qui mènent un combat acharné contre Roman Polanski à base d’appels à la répression et à la censure. Pour celui-ci les seuls faits avérés, qui sont incontestablement de viol, se sont déroulés il y a 40 ans. Ils ont fait l’objet d’une décision judiciaire avec l’abandon des poursuites, et la victime demande instamment qu’on foute la paix au cinéaste et à elle-même. Cela n’a pas désarmé les excitées qui, lorsqu’on leur demande comme pour Céline de séparer l’œuvre de l’artiste, répondent : « oui mais à la hache », ou scandent : «Le kérosène, c’est pas pour les avions, c’est pour brûler violeurs et assassins ». Les mêmes excitées qui exigent que « J’accuse » ne figure pas sur la liste des films qui concourent aux Césars.

Celui de Ladj Ly est présenté par la France à la compétition des Oscars. Cette fois-ci le réalisateur a commis il y a 10 ans des faits relevant du paroxysme de l’anti-féminisme : complicité de crime d’honneur pour fornication.

Alors les ami.ie.is.ies, des manifestations devant les cinémas qui projettent « Les misérables » ? Une petite pétition contre sa présence en compétition aux Oscars ?

Comment dites-vous ? Ce n’est pas pareil ?

Ah bon.

Régis de Castelnau

20 décembre 2019

MIKHAIL G ABAKUMOV (1948-2010) RUSSIE

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 6 h 42 min

mikhail g abakumov

MAGNIFIQUE

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