Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

20 novembre 2019

IMAGES

Comment être connu quand t’as pas un corps de déesse, une idée ?

T’as mis un string sous ta robe blanche, tu t’es fait klaxonner, tu t’es même fait traiter de givrée ! Bon tu t’es dis c’est pas comme ça que j’vais y à arriver, t’as changé de trottoir, tu t’es mis à écrire, parler de tes hic tes tics tes tocs tes médocs, même ton viol n’a intéressé personne ! Alors t’as pris le taureau par les cornes et vidé ses bourses : t’as gonflé tes cheveux tes joues, les hautes et les basses, fait polir tes genoux, enfler ton derrière et mis de l’espace dans ta devanture ! T’avais vraiment fière allure !

T’étais si belle que le Frédo, le frère de Nono, ton ex, t’as mis le grappin dessus pour faire de toi sa glorieuse du tapin ! Ah celui-là, il jacte bien, ses mots sont remplis de bijoux, de fourrures et il te serre si fort la taille que tu en perds le souffle !

« C’est pas de l’amour », te dit Poilue,  une vieille péripatéticienne, reconvertie dans la coiffure, qui t’as prise sous son aile  :

« Ne te laisse pas embobiner, ils te voient tous comme un porte-monnaie ambulant, et toi tu passeras ta vie à déambuler près des caniveaux, tes rêves noyés ! Et tu paieras les leurs ! »…

Tu cours si vite que tu te prends les pieds dans ceux d’un manager qui passe par là ! « Ah mademoiselle vous avez le look que je cherche ! »

Et te voilà montée sur le gars et dans l’escalier de la télé-réalité ! On peut dire que tu nages dans le bonheur et aussi dans la piscine où tes arrières font la Une de la presse à confesse ! Du coup, des coups le Frédo t’en remet et t’enferme dans un grenier où tes arrières sont visités pour te faire sentir le poids de ta notoriété !

Ah ça pour ça, tu en as de la visite ! Tu es tellement visitée que tes fils de couture lâchent, alors Frédo te jette dans un étang, une pierre autour du cou ! Ce bijou là fait aussi partie de sa collection ! Et pour bien t’achever il t’a brisé les pieds : « Ça ! C’est pour avoir osé me filer entre les pattes ! Garce ! »

Ta souffrance se noie dans ta gorge avec le mouchoir qu’il y a enfoncé !…

Il faut croire qu’un ange veille sur toi : un vieil homme te sauve que tu ne remercies pas, car retourner dans cette vie, tu ne veux pas !…

Ce vieil homme est cordonnier, il te rafistole comme il peut, tu ne veux pas aller à l’hôpital et encore moins quitter ce lieu ! Il te donne la béquée et chante des ritournelles qui te donnent un peu le sourire… Dans sa demeure, il y a un jardin où tu passes ton temps à t’occuper des fleurs…

«  Tu pleures ? te demande le vieil homme.

- Non non, je me suis piquée et puis, je suis toute émue d’avoir mis au monde de si belles roses, moi, si vilaine !

Tes dents cassées demandent à être réparées, tu n’oses ouvrir la bouche pour parler…

- Il te faudrait voir un dentiste mon petit !

- Non non personne personne ! Papy Denis !

Tu l’as appelé papy, pour le coup, c’est lui qui verse une larme !

- Dans le cœur de la vilaine , ni fiel ni haine, tes yeux portent la bonté, tu es belle et tu ne le sais pas !… Il y a quelqu’un pour toi dans le salon ? te dit Denis.

- Un homme ou une femme ? demandes-tu affolée !

- Une dame!

- Dame poilue !

- Appelle-moi Régine, mon petit !

Dans le salon d’une demeure qui sent bon le cuir, les roses et le thé, Régine, Denis te soutiennent et t’encouragent à vivre Ritournelle, le prénom que tu t’es donnée…

Après moult discussions :

- Et chasse mon petit, cette image qui n’est pas toi ! conclue Régine !

Tard, le soir dans ta chambre, tu ouvres le scriban :

« Stop !!!! 

Ritournelle prend et froisse le dessin qu’elle a fait d’elle !

-Tais-toi ! Oui je veux vivre !

Et le jette dans la poubelle !

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