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20 octobre 2019

Le livre de Manuel Boucher « La gauche et la race »

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 8 h 29 min

Pris sur Laïcité 30 FB

Le livre de Manuel Boucher « La gauche et la race » est paru en 2018.

Il est d’une facture assez singulière : très documenté, il ne rechigne pas à reprendre in extenso des appels, des manifestes et des textes de la mouvance décoloniale, y compris les listes de leurs signataires, fort instructives. Il constitue déjà de ce point de vue une source de renseignements et d’informations d’une grande utilité.

L’auteur se revendique aussi de la gauche et même d’une gauche radicale, ayant longtemps appartenu à la mouvance « antifa ».
Manuel Boucher décrit ainsi comment ces mouvements « participent à la coproduction de la racisation des rapports sociaux (…) et plébiscitent, à l’instar des élites libérales qui louent la diversité pour dépolitiser la question sociale, le multiculturalisme américain ». Revenant en détail sur la multiplication des camps « racisés » et autres réunions syndicales ou associatives triant leurs participants à l’aune de la pigmentation de leur peau, le sociologue s’interroge : « Comment est-il possible qu’une partie de la gauche accepte, voire reprenne à son compte un vocabulaire racialiste, raciste et culturaliste, celui de la distinction entre « Blancs », « Noirs », et « Musulmans » contraire aux idées humanistes et universalistes au cœur des combats de la gauche ? ».

L’auteur décrit aussi les connexions qui s’établissent entre divers mouvements, courants, associations, syndicats et partis politiques avec des compagnons de route plus ou moins ouvertement conquis par cette idéologie racialiste. A côté du Parti des indigènes de la République (PIR), du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), de la vedette médiatique Rokhaya Diallo et d’une galaxie d’innombrables petites structures gravitent le NPA de Besancenot, une partie des Insoumis autour des figures de Danièle Obono ou Clémentine Autain, une fraction des Verts étant aussi partie prenante de ces conceptions sans parler de médias sympathisants comme le Bondy Blog, Mediapart ou Politis. Sud-Education et l’UNEF sont des structures syndicales désormais acquises à la cause. Les relations sont aussi patentes avec les courants intégristes musulmans et les associations qui promeuvent le concept d’islamophobie, destiné à empêcher toute critique de l’islam et à promouvoir le rétablissement du délit de blasphème. Indiscutablement, le PIR apparait comme le moteur idéologique de cette contamination des idées racialistes à gauche.

Né en 2005, se définissant comme « anti-impérialiste et antisioniste », ce mouvement animé notamment par Houria Bouteldja, est selon le sociologue « un acteur politique radical antirépublicain » souhaitant construire une « civilisation nouvelle » grâce à la « vitalité indigène ». En moins de 15 ans, il a réussi à conquérir des fractions croissantes de la gauche : « Les organisations de gauche sont sommées par les activistes décoloniaux de passer de l’antiracisme universaliste vers « l’antiracisme décolonial » sous peine d’accusation de soutien au « racisme structurel d’Etat ».
La notion d’intersectionnalité est aussi convoquée, qui a déjà provoqué un certain nombre d’effets dans les mouvances féministes et même au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Manuel Boucher démontre avec force arguments comment cette idéologie relève d’une lecture réactionnaire des rapports humains, que ne désavoueraient sans doute pas les tenants de la Nouvelle droite. Il en appelle à la gauche dans son ensemble : « Aucune alliance avec les organisations et mouvements qui prônent des idées et mettent en œuvre des pratiques de division raciale et culturelle ».
La gauche et la race place toute la gauche face à ses responsabilités.

Manuel Boucher, La gauche et la race. Réflexions sur les marches de la dignité et les antimouvements décoloniaux, L’Harmattan, 2018, 280 p., 29 euros

Pain et bain bénis

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 7 h 51 min

Pain et bain bénis

Elle était la reine du pinceau, du plumeau, de la balayette, de la serpillière, elle passa son diplôme de ménagère et obtint un poste à l’Assemblée Nationale d’une Nation Raisonnable !

Hélène, Sophie, Armande de la Pissautery devint « dame pipi »…

Dans ce lieu si intime, trônaient des messieurs et dames de pouvoir, tous assis dans la même position pour rendre à la terre, ce qu’ils ne pouvaient conserver en leur royale personne. Ils oubliaient que leurs conversations de salon pouvaient arriver aux oreilles de la dame assise derrière sa petite table, sur laquelle siégeait une assiette, rappelant qu’elle passait derrière eux, et que cela méritait une récompense !

S’acquitter la tête haute de leur obole après un autre allèchement peu conquérant, en évitant de la regarder et en grognant quelques mots courtois, donnaient aux orateurs, des contorsions qui amusaient énormément Armande !

Un jour, un jeune loup tout neuf, point encore couvert des cicatrices des morsures de la politique, les crocs en avant, pointa son museau et vociféra sur les cabinets de dame Armande, les trouvant moches, vulgaires sans oublier au passage de persifler son dédain à cette dame au métier inutile ! Armande en prit ombrage mais ne moufta mot, question d’éducation !

Ce jeune loup de son nom Chimax ne supportait point de devoir faire sa grosse affaire dans une proximité outrancière !

« Tout le monde ne peut pas se comporter sur son trône comme le roi soleil », lâcha dame Armande ; ce qui irrita un peu plus le politicien déjà bien mis à mal ce matin là !… Une sorte d’aigreur enfla chez ce jeune contrarié aux flatulences contraignantes !

Un après-midi, après un copieux repas, il se fâcha : « C’est odieux, ce lieu empeste, incommode ! Et ces cuvettes m’indisposent ! »

C’est qu’il avait le caca court et lourd et à chaque tombée, le petit gros éjecté l’éclaboussait ! Ce bain forcé le faisait sortir de ses gongs ! Il fustigeait, maudissait ces WC inadaptés ! Il avait pu étouffer ses grognements entre ses crocs et se dit : « C’est décidé je vais révolutionner tout ça ! »

Il sortit, toisa dame Armande sans lui dire ce qui bouillonnait dans sa tête : « Vous allez déguerpir ! Vous n’avez rien à faire ici, nous sommes dans un lieu privé de l’état ! Vous irez dans une pissotière de gare, madame mange sous ! » Il mit un coup de pied dans la table, ce qui fit voler l’assiette et ses petites pièces sur le sol, de quoi bien humilier dame Amande qui sera obligée d’être à quatre pattes pour ramasser son pourboire merdique !

Elle en avait vu de toutes sortes des politiciens mais celui-là c’était le pompon ! Elle se dit qu’il s’adapterait à ces lieux quand elle eut vent lors d’une cacophonie moqueuse qu’il avait breveté une idée de projet : construire une cabine auto-nettoyante, aménageable dans un confort luxueux selon le prix qu’on souhaiterait mettre, personnalisable, adaptée à la défécation de chacun, avec un code… et son nom gravé sur la porte ! Si fonctionnelle qu’on pourrait la poser là où on le souhaitait, comme furent poser les coins douches-toilettes dans les hôtels etc…

« Ce défécateur intempestif commence à m’indisposer ! », se dit dame Armande, elle alla s’acquérir de son avenir auprès de qui de droit…

Quelques temps plus tard, Chimax passa, sifflotant et toisa dame Armande en lui disant : «Je vais me faire des couilles en or avec mon projet, dame caca, c’est du pain béni pour moi  ! »

L’appellation la fit bondir ! Jamais on ne l’avait traitée de la sorte ! Elle prit la balayette à WC et lui brossa les dents : « Vous, c’est par tous les trous que vous déféquez, puisque je suis dame caca, je nettoie et ce bain de bouche, c’est gratuit ! » Et elle partit sans se retourner… Des rires arrivaient à ses oreilles qu’elle décida de porter à la campagne pour une retraite bien méritée !

 

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