Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

1 octobre 2019

De l’acier ! Sinon rien !

Classé dans : Mes écrits 2019 — eructeuse @ 11 h 53 min

Mélocipède est une mordue de littérature ! Ô attention ! Celle qui se lit rapidement et qui la fait passer dans le top des liseuses les plus performantes du mois…

En cette année 2034, elle a battu le record des romans les plus lus en un mois, en plus, elle a enfin fini toute la série des « Max gentleman ferrailleur » : le dernier roman romantique qui s’arrache et qui fait un malheur au niveau des ventes.

Mélocipède aime passer son temps loin de la réalité du dehors qui pue et tue son moral : entre deux lectures, elle travaille à domicile ! Elle ne sort que contrainte et forcée : renouveler sa carte d’alimentation, participer aux journées obligatoires deux fois dans le mois, dans les centres de dépollutions des véhicules de covoiturage, donner une journée de son temps par semaine pour surveiller les entrées et sorties des hôpitaux attaquées continuellement par des hordes affamées et malades…

Une fois lu cette bonne nouvelle affichée sur son bras via sa puce implantée, elle replonge dans son roman, folle de joie… Il y plane des conflits, bien des misères qui la font pleurer et des luttes pour trouver sa bouchée de pain que se disputent deux pestes pour éblouir, Max, le beau ferrailleur, en quête, dit-il de croupe d’acier qui fera son bonheur…

Au seuil de l’orgasme lectural car le moment crucial pointe son nez : Max décide d’aller voir son amour enfin choisi… quand la sonnette de la porte retentit ! Elle lève les yeux vers la porte et tend l’oreille : « Quel est le con qui vient me tirer de ma soif de vivre ! » Elle ne se lève pas pour autant !… Mais des cris et des poings augmentent le son de son dérangement ! Elle se lève très en colère, le roman en poing élevé, ouvre la porte la bouche rageuse… Un personnage loufoque dans une tenue de cosmonaute lui pointe son fusil sur le museau et grommelle des sons inarticulés, elle lui hurle dessus et tombe foudroyée, l’estomac percé ! Elle se meurt et ne saura pas le choix de son Max ; elle tend le livre à son assassin et lui dit :

« Dîtes-moi, je vous en prie, qui il a choisi s’il vous plaît… », en poussant des gémissements à faire pâlir les cœurs chancelants !

Le trouble fête ôte son casque, regarde la femme, hausse les épaules puis regarde la première de couverture du roman et pour finir la page pointée, lit et lui dit : 

« Couilles de crapaud et sorcière en rut ! Il part avec Jules ! Bien sûr ! Le seul qui a le derrière en acier ! »…

Mélocipède s’étouffe !

« Faut pas vous mettre dans tous ces états ! Vous avez reçu un choc c’est sûr ! Vous vous en remettrez ! »

Et il ramasse la balle en caoutchouc !

« Tenez ! C’est le rappel de vos factures impayées d’électricité avec en plus les frais de ma visite ! Appelez l’huissier rapidement…»

L’employé de l’huissier s’en va, en laissant Mélocipède sur le seuil de sa porte !

Entre rires et larmes, elle hoquette et se dit qu’elle a raté le rendez-vous avec ce pingre pour échelonner sa dette… et fustige ce salaud de Max qui lui a volé tout son temps ! Pour quoi ? pour le voir finir dans les bras d’un d’un… bodybuildeur ! Elle se lève, tâte ses fesses et dit d’un ton glacé : 

« L’acier, l’acier, évidemment un ferrailleur ! » Elle rentre et claque la porte !

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