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12 novembre 2018

Dérive

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 4 h 43 min

Fondation Copernic 

Brésil : Crise démocratique, dérive réactionnaire et menace fasciste par Franck Gaudichaud, politiste

« Je n’ai jamais été seul, j’ai toujours senti la présence de Dieu ». Voici les premiers mots prononcés par le nouveau président du Brésil à l’annonce de sa victoire électorale, le 28 octobre, après avoir prié devant les caméras aux côtés d’un pasteur évangéliste.

Une ascension fascisante fulgurante

Le désastre annoncé a donc eu lieu : pour cette huitième élection depuis la fin de la dictature, en 1985, l’ex-capitaine Jair Bolsonaro vient de conquérir l’exécutif du plus grand pays latino-américain et de la 7éme puissance économique mondiale (avec 209 millions d’habitants). Il a réussi à rafler plus de 55% des suffrages (58 millions des voix valides), soit presque 10 millions de plus qu’au premier tour, suite à une campagne axée sur un discours fascisant, marqué par les provocations racistes, misogynes et homophobes. Son « fonds de commerce » a été son hostilité envers le Parti des travailleurs (PT), centre-gauche au pouvoir de 2002 à 2016, tout en qualifiant de « terroristes » les militants des mouvements populaires, notamment les sans-terre, les sans-toits et les syndicalistes. Partisan de la libéralisation des armes, de la militarisation des favelas, admirateur de Trump et de Pinochet, il s’est construit une image de candidat antisystème et anticorruption. Sa campagne financée, sans aucun contrôle, par de grands groupes capitalistes (1), a aussi été celle des « faxe-news » et d’un usage massif des réseaux sociaux contre son adversaire du PT, Fernando Haddad.

Les premiers noms du futur gouvernement confirment une combinaison de néolibéralisme et d’autoritarisme répressif. C’est l’ultra-libéral Paulo Guedes qui sera à la tête d’un super ministère de l’économie. Il est une garantie pour la grande bourgeoisie, et a annoncé son souhait de privatiser la quasi-totalité des entreprises encore publiques, de baisser les salaires et de démanteler le système de retraites. A la tête du gouvernement, on retrouvera une figure de la droite dure « traditionnelle », Lorenzoni. Et à plusieurs postes clefs devraient s’installer des représentants de l’agrobusiness et des militaires, dont le général Augusto Heleno à la défense (connu pour son rôle controversé au sein des troupes d’occupation de la MINUSTAH en Haïti). Enfin, le juge conservateur « anti-corruption » Sergio Moro a accepté le ministère de la justice. Moro n’est autre que le magistrat qui a mis derrière les barreaux l’ex-président Lula pour « corruption passive », sans preuves à ce jour, alors que le leader du PT était largement en tête dans tous les sondages… Bolsonaro n’a cependant pas de majorité au Congrès (où domine néanmoins la droite, même si le PT reste la première force).

 http://www.fondation-copernic.org/index.php/2018/11/04/bresil-crise-democratique-derive-reactionnaire-et-menace-fasciste/

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