Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

  • Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 8 avril 2018

8 avril 2018

Bravo les jeunes

Classé dans : Treize à table he vindiou sur l'herbe ! — eructeuse @ 12 h 00 min

Hier se déroulait la coupe du monde des écoles de rugby à 13 au Mas d’Agenais en Nouvelle Aquitaine ! Équipes mixtes ! Bravo à tous et toutes ! Bravo aux organisateurs aux bénévoles et à nos photographes bénévoles !

coupe du monde des écoles de rugby2

coupe du monde des equipes de rugby hier

Vie et science

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 11 h 31 min

Qu’est-ce que la science ? De la philosophie à la science : les origines de la rationalité moderne

par Philippe Fontaine

Agrégé de philosophie, Docteur es Lettres et Sciences Humaines, mention philosophie, Habilité à diriger des recherches, Maître de conférences à l’Université de Rouen

Plan de l’article

  1. Science et philosophie: une origine commune
  2. Le « tournant » de la science moderne
  3. Science et religion
  4. La science comme méthode
  5. La science et le problème des valeurs
  6. Les sciences humaines et le projet de scientificité
  7. Pouvoir et limites de la science

 

Fontaine Philippe, « Qu’est-ce que la science ? De la philosophie à la science : les origines de la rationalité moderne », Recherche en soins infirmiers, 2008/1 (N° 92), p. 6-19. DOI : 10.3917/rsi.092.0006. URL : https://www.cairn.info/revue-recherche-en-soins-infirmiers-2008-1-page-6.htm

Pour ceux que ça intéresse !

Écrit après la visite d’un bagne

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 11 h 01 min

Titre : Écrit après la visite d’un bagne

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les quatre vents de l’esprit (1881).

Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l’école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d’une croix.
C’est dans cette ombre-là qu’ils ont trouvé le crime.
L’ignorance est la nuit qui commence l’abîme.
Où rampe la raison, l’honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu’on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l’âme en liberté se meut.
L’école est sanctuaire autant que la chapelle.
L’alphabet que l’enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S’éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu’il puisse vous suivre.

La nuit produit l’erreur et l’erreur l’attentat.
Faute d’enseignement, on jette dans l’état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c’est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L’intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d’éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l’école en or change le cuivre,
Tandis que l’ignorance en plomb transforme l’or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu’ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu’ils étaient l’homme et qu’on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n’est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s’éclairer du flambeau qu’on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.

Victor Hugo.

L’éducation

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 10 h 38 min

L’éducation

Poète : Jean de La Fontaine (1621-1695)

Recueil : Les fables du livre VIII (1678).

Laridon et César, frères dont l’origine
Venait de chiens fameux, beaux, bien faits et hardis,
A deux maîtres divers échus au temps jadis,
Hantaient, l’un les forêts, et l’autre la cuisine.
Ils avaient eu d’abord chacun un autre nom ;
Mais la diverse nourriture
Fortifiant en l’un cette heureuse nature,
En l’autre l’altérant, un certain marmiton
Nomma celui-ci Laridon :
Son frère, ayant couru mainte haute aventure,
Mis maint Cerf aux abois, maint Sanglier abattu,
Fut le premier César que la gent chienne ait eu.
On eut soin d’empêcher qu’une indigne maîtresse
Ne fit en ses enfants dégénérer son sang :
Laridon négligé témoignait sa tendresse
A l’objet le premier passant.
Il peupla tout de son engeance :
Tournebroches par lui rendus communs en France
Y font un corps à part, gens fuyants les hasards,
Peuple antipode des Césars.
On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père :
Le peu de soin, le temps, tout fait qu’on dégénère :
Faute de cultiver la nature et ses dons,
O combien de Césars deviendront Laridons !

Jean de La Fontaine.

 

L’avantage de la science

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 10 h 32 min

 L’avantage de la science

 Jean de La Fontaine (1621-1695)

Recueil : Les fables du livre VIII (1678).

Entre deux bourgeois d’une ville
S’émut jadis un différend :
L’un était pauvre, mais habile ;
L’autre, riche, mais ignorant.
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l’avantage ;
Prétendait que tout homme sage
Était tenu de l’honorer.
C’était tout homme sot ; car pourquoi révérer
Des biens dépourvus de mérite ?
La raison m’en semble petite.
« Mon ami, disait-il souvent
Au savant,
Vous vous croyez considérable ;
Mais, dites-moi, tenez-vous table ?
Que sert à vos pareils de lire incessamment ?
Ils sont toujours logés à la troisième chambre,
Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre,
Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.
La République a bien affaire
De gens qui ne dépensent rien !
Je ne sais d’homme nécessaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Nous en usons, Dieu sait ! notre plaisir occupe
L’artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte, et vous, qui dédiez
À messieurs les gens de finance
De méchants livres bien payés. »
Ces mots remplis d’impertinence
Eurent le sort qu’ils méritaient.
L’homme lettré se tut, il avait trop à dire.
La guerre le vengea bien mieux qu’une satire.
Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient :
L’un et l’autre quitta sa ville.
L’ignorant resta sans asile ;
Il reçut partout des mépris :
L’autre reçut partout quelque faveur nouvelle :
Cela décida leur querelle.
Laissez dire les sots ; le savoir a son prix.

Jean de La Fontaine.

 
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus