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9 février 2018

Lire, écrire…

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 7 h 46 min

Pourquoi les romanciers français devraient lire Bourdieu

par Olivier Adam, invité à  BIBLIOBS NOUVELOBS.COM le 6 mars 2013

Fort intéressant !

Un tout petit extrait :

On caricature souvent le travail de Bourdieu en en soulignant le caractère fataliste: le poids des déterminismes y est tel que tout combat serait perdu d’avance. Les mécanismes de la domination et de la reproduction sociale sont si performants et si bien entretenus par ceux qui en sont les bénéficiaires et ne peuvent garder leur position qu’aux frais de ceux qui les subissent, que rien ne peut les mettre en défaut – et même pas l’école, pourtant le seul ascenseur à disposition.

Il y a sans doute une part de vérité dans ce constat – et je vérifie chaque jour combien, pour ceux qui viennent de plus bas que moi, les forces en présence demeurent si déséquilibrées qu’à quelques exceptions près rien ne peut renverser l’ordre établi. Je demeure néanmoins persuadé que sans cet éclairage, sans avoir pris conscience de l’ampleur de la tâche, de ses contours et de sa réalité, je n’aurais jamais eu l’obstination, la persévérance qu’il a fallu pour aller au bout de mon projet: devenir romancier, quand tout, partout, me disait que ce n’était pas pour moi, que ce genre d’activité, comme tant d’autres choses, tant d’autres vies, n’était pas «pour nous», mais réservée «aux autres», aux hautes sphères, aux fils de.


https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20130131.OBS7417/pourquoi-les-romanciers-francais-devraient-lire-bourdieu.html

 Par Xavier Molénal dans  Sciences Humaines

Pierre Bourdieu

Bourdieu

Né en 1930 Denguin, dans le Pyrénées-Atlantiques, fils d’un petit fonctionnaire, P. Bourdieu atteint le sommet de la hiérarchie scolaire en intégrant l’Ecole Normale Supérieure et en devenant agrégé de philosophie. Il se tourne pourtant très vite vers l’ethnologie. Il profite de son service militaire pour faire ses premières enquêtes sur les paysans algériens dans le contexte de la décolonisation (sociologie de l’Algérie, 1958). Puis il part étudier ceux de son village natal, confrontés à une crise du célibat (« célibat et condition paysanne », 1962). Passant de l’ethnologie à la sociologie, il va déployer un vaste programme d’analyse de la société française, et en particulier des dimensions culturelle et symbolique des inégalités sociales. Dès 1964, il frappe un grand coup : dans Les héritiers, il montre avec Jean-Claude Passeron que les inégalités

d’accès à l’enseignement supérieur sont dus essentiellement à des facteurs culturels. Les enfants des classes supérieures acquièrent au travers de leur famille un capital culturel (connaissance, lectures, savoir-faire et savoir-dire), tandis que ceux des milieux populaires doivent subir une véritable acculturation qui leur rend la tâche nettement plus difficile. Après l’éducation, Bourdieu et son équipe s’intéresseront de la même façon aux usages différentiels de la photographie (Un art moyen, 1965) et à la fréquentation des musées (L’amour de l’art, 1966). Toutes approches qui alimenteront la vaste analyse des styles de vie et de leur rôle de différenciation sociale que constitue La distinction (1979).

Quasiment au même moment, revenant sur son moment anthropologique, il publie Le sens pratique (1980), où il expose sa conception de l’action centrée autour du concept d’habitus. Puis il analyse les transformations du champ académique sous l’effet de mai 68 (Homo academicus, 1984), et celle de la formation des élites du pouvoir (La noblesse d’Etat, 1989). Après une analyse de la genèse du champ littéraire, les années 1990 sont celles de la médiatisation. La misère du monde, vaste ouvrage collectif sur la souffrance sociale qu’il dirige en 1993, bat des records de vente. Son soutien aux grévistes s’opposant en décembre 1995 au plan Juppé sur les retraites lui offrira une publicité encore accrue. En 1996, son « petit livre rouge » sur la télévision (Raisons d’agir), où il s’inquiète de l’emprise des médias sur le champ intellectuel, connaît un vaste succès de librairie et suscite la controverse. Multipliant les interventions, il publie néanmoins des méditations pascaliennes (Seuil, 1997) où il livre sa conception de l’homme puis son dernier livre, une analyse des structures sociales de l’économie (Seuil, 2000) fondée sur une enquête autour du marché de la maison individuelle. Il meurt alors qu’il travaillait à appliquer à lui-même ses outils d’analyse (Esquisse pour une auto-analyse, Raisons d’Agir, 2004), ainsi qu’à une étude sur Manet.

https://www.scienceshumaines.com/pierre-bourdieu-1930-2002-une-pensee-toujours-

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