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4 janvier 2018

La couleur de leur bonheur

Classé dans : Hi ronde d'ailes — eructeuse @ 19 h 23 min

Heincraie d’Hûle se leva du bon pied, le droit, et en ouvrant grand ses bras, se dit en voyant le ciel tout gris : « Ah si on pouvait peindre la vie en rose ! » Monsieur Ernest était déjà dans son jardin et passait la tondeuse quand Heincraie d’Hûle poussa son cri d’amour : « Alors monsieur Ernest, déjà en train d’assassiner les fourmis ?

- Ah bonjour madame Heincraie d’Hûle, je ne vous ai pas réveillé au moins ?

- Au plus ! Vous voulez dire ! Allez venez boire votre petit Ness, Ernest ! Avec un goutte de rhum ! Mais vous savez ce que je pense de l’alcool !

Ernest savait ce que pensait sa voisine sur presque tout ! Seul le téléphone permettait qu’elle change de sujet ! Ouf il ne sonna pas, il pouvait la savourer pour lui tout seul ! Il défit ses chaussures, prit les patins roses, mit son manteau sur le porte manteau perroquet rose et attendit le signal :

- C’est prêt !

- Quelle bonne odeur de café dame Dudule ! Elle sourit au surnom !

- Je vous ai fait mes croissants maison ! Entrez !

Ainsi comme chaque matin, Ernest s’assit dans le grand fauteuil Voltaire rose saumon, dégusta les adorables croissants posés dans un magnifique service en porcelaine et se laissait bercer par les babillages de sa chère voisine toujours enclin à refaire le monde… dont la laideur n’avait point place chez elle, disait-elle avec fierté ! Avec tous ses potins sortis en direct du marché du matin, elle aurait pu en retapisser toute sa maison de ce vomi des vilaines haleines tant elle en portait des tas dans ses cabas ! Tout y passait on lui avait raconté le boucher qui a acheté la génisse du fermier pour une bouchée de pain et que vendait ses steak la peau des fesses, le marchand de tabac qui avait oublié sa commande et lui livra du tabac trop fort, le maraîcher qui trompait sa femme avec la blanchisseuse qui avait le cul aussi sale que son linge était propre, la marchande de bonbon qui empestait le charbon, pas capable d’attendre la pause pour coller ses miches contre le ramoneur qui aimait sa cheminée de très près et bla bla bla Ernest dégustait et les ragots et les croissants, l’œil attendrit devant tant de vérité : « Ah si tout était rose comme ma maison, le monde serait un paradis ! »

Madame Heincraie d’Hûle, célibataire de son état, n’avait d’amour que pour le rose, sa bibliothèque était couverte de romans et de vidéo dont les titres avaient le mot rose ou les couvertures étaient roses avec tous les tons de rose, cela permettait une grande diversité… de la panthère rose au livre au nom de la rose en passant par certains écrits de Mitterrand !  Mais elle fuyait le rouge !

Un soir où un de ses ex compagnons passa du rosé au vin rouge avec aplomb, elle lui montra la porte, d’un joli rose tendre pimenté d’un rose orangé, et lui tendit son baluchon ! Il faut dire qu’elle avait mémoire bonne avec ses dents perdues sous les coups d’un père dont tout le zèle consistait à battre la vitesse de la descente de ses litrons de rouge, alors quand ce faux gentleman leva la main sur elle; elle n’oscilla pas un seul instant, la porte prit le manant !

Ernest lui était un homme charmant, il lui planta des rosiers, des accolades, des pivoines de Chine dans son jardinet, et lui offrit à la nouvelle année, un joli tablier de cuisine rose fushia et le dernier roman en vogue, cent pour cent à l’eau de rose ! Elle rit et lui expliqua que ce n’était pas son dada, cette écriture là !

Tout sentait bon la romance et le parfum d’ambiance des fleurs séchées du jardinet… Le temps passait l’amitié allait grandissant, quand elle surprit un jour, Ernest les fesses dans ses petites culottes dans la buanderie, il faillit mourir de peur quand son visage devint d’un rictus bien vilain !

« Mais mais il fallait me le dire que vous n’aviez plus rien à vous mettre mon cher Ernest et depuis ce jour là, ils se retrouvaient tous les deux, loin de la laideur du monde, Ernest lui faisait sa cour, – une accolade ma mie-  tous les jours avec les fleurs du jardin, muse habillée de soie rose et posait pour sa belle Heincraie qui le peignait avec des pédales de tous les roses existants sur de grandes toiles, pour eux l’amour n’avait qu’une couleur le rose bonheur !

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Allô je pointe ou je tire

Sautent moutons de monsieur Delucq

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