Victoryne Moqkeuz alias La Bordczyk

pique et pique et décolle grave

18 novembre 2017

Noir c’est noir !

Classé dans : Hi ronde d'ailes,Mes écrits 2017 — eructeuse @ 3 h 30 min

Noir c’est noir !

Nanard c’était encore fait remonter les bretelles par le fils du patron ! Enfin son fils qui tentait une reconversion professionnelle, il était passé du bar à putes de la porte Saint Michel à la boîte à papa, le roi du vélo pliant qui marchait du tonnerre de Dieu depuis l’interdiction des voitures des années 90 !

« Non mais regarde moi cet atelier ! Va nettoyer ça ! Faignard ! Ah ah ça rime ! »

Nanard était à deux doigts de la retraite et marchait aux pas chaloupés ! Il bossait depuis ses 14 ans lui ! Alors fallait pas le chatouiller ça le faisait rire ! 

« J’suis fatigué tiot ! Moi j’ai le turbo constipé pas comme ta Ferrari ! Depuis que mes heures de boulot ont rallongé alors que ma paie a rétréci, faudrait avoir un peu de respect ! Gamin ! »

Le fils du patron Albert Stéphane André avait repris la direction de papa une fois qu’il avait bien couru les boîtes de nuit, joué de la guitare dans les halls de gare, il fallait bien que jeunesse se passe, mis six ans pour avoir une licence, pas vu de master, pour finir dans une boîte privée dont il sortit « manageman » comme il se nommait !

« Tu parles d’un mage ! Lui il risque pas d’être en nage ! », disaient les ouvriers quand il arrivait à 15 h au bras de sa douce, belle comme une fleur des près, caquetant qu’elle risquait de se salir dans sa boîte à vélo, quant à lui, il imaginait tous ses hommes matant son derrière qui se voyait comme le nez au milieu de la figure, pérorant, se prenant pour le maître de ce lieu !

Ah pour sûr que c’était une figure sa copine ! Une belle plante, aux yeux noirs intenses, enfin sortie d’une industrie qui filmait de trop près son intérieur salvateur… Albert Stéphane André ne voulait pas que Brigitte lui fasse de réflexions devant ses ouvriers encore une fois, lui en recherche de domination patronale ! Alors il s’en prit à Nanard, ce vieux de la vieille, une relique cégétiste qui osait répliquer à chacune de ses remarques !

« Vieil hibou ! Bouge faignard ! Nettoie l’atelier 10 ! », dit le PDG qui voyait Brigitte dodeliner de la tête encore contrariée ! L’atelier 10 était juste devant le bureau de la direction, mais il fallait contourner l’usine et passer devant une sorte de dépotoir à métaux…

« Mais regarde j’ai marché dans de l’huile et des copeaux collent à mes escarpons !

-Tiens elle connaît le mot copeau ? rit un mécanicien ! Ah ah ça lui colle à la peau qu’elle a belle ! » Furieux Albert Stéphane André hurla : « Au boulot tas de faignasses ! »

Depuis qu’un président s’était permis de traiter des membres de son peuple de faignasse, le pli avait été pris chez certains adorateurs du libéralisme conquérant !

Nanard le balais collé serré fit mine de danser cherchant de la poésie dans le mouvement ! Albert Stéphane André ne voyant qu’ironie sarcastique face à un vieillard tout pétillant devant une jolie dame, prit le balais pour le frapper en hurlant : «  Espèce de primate faignard ! » Mais quand c’est trop c’est trop !

« Ici t’es pas à Monaco Albert ! L’homo sapionse va te faire goûter la moquette ! » Albert Stéphane André se retrouva le sol prêt du nez ! La ceinture noire de judo avait parlé ! Il va s’en dire que son amour-propre lui aussi passa au noir ! Et la belle Brigitte eu bien du mal à contenir son rire, Sous sa belle chevelure noire ses yeux de braise souriaient ! Elle aussi fut congédiée mais qu’importe elle s’était fait un allié qui aimait danser comme son fils qui prit la belle sous son aile !

danse

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