Victoryne Moqkeuz alias La Bordczyk

pique et pique et décolle grave

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11 novembre 2017

En piste

Classé dans : Va chemine va trottine — eructeuse @ 6 h 21 min

Les petits gestes du matin sont renouvelés, petite nouveauté sortir les lunettes pour l’écran ! la bête est piquée, contrôlée ; le café à portée de main, la lampe installée, un deux trois en piste il faut rentrer les premières corrections de mon roman « Le roman de sa vie… » Journée du souvenir ! Que la paix soit partout ! Bonne journée les gens ! Bises et love !

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PRENDS SOIN DE MOI

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pris sur ActuaLitté

Le dessinateur Antoine Chereau n’est toujours pas remboursé par la Sécu. Continuons la lutte pour qu’il soit reconnu comme thérapeutique.

https://www.actualitte.com/t/LSIBvRJo

L’humour c’est la politesse du désespoir

Classé dans : Art, vie et avis — eructeuse @ 0 h 08 min

mais qui l’a dit le premier ?

C’est une vieille loi de la rhétorique : moins on sait, plus on cite. Le vide de la pensée est rempli de sentences définitives. Nos politiques excellent à ce petit jeu. Ils balancent des aphorismes en croyant donner du brillant à leurs propos ternes et l’illusion qu’ils connaissent leurs classiques. Ainsi le moindre candidat battu aux élections nous inflige-t-il le sempiternel «Ce qui ne me tue pas me rend plus fort», de Nietzsche.

Mais le plus à plaindre, c’est René Char. Dans ses pires cauchemars, le poète du «Marteau sans maître» n’aurait jamais pensé qu’il serait autant convoqué, détourné et pillé par les phraseurs, dont les discours ronflants sont truffés de: «Agir en primitif et prévoir en stratège»; «L’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer» ou encore «Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.»

La citationnite est une maladie qui, en recyclant toujours les mêmes maximes, finit par rejeter ceux qui les ont écrites. L’ingratitude ajoute alors à l’ignorance.

Heureusement, il y a Dominique Noguez. Cet excellent écrivain, qui tient à la fois de l’égyptologue et du détective privé, a travaillé dur pour trouver «la Véritable Origine des plus beaux aphorismes» (Payot, 15 euros).

Il rend, par exemple, à Chris Marker, cette magistrale définition de l’humour: «la politesse du désespoir», que d’aucuns attribuaient à Hugo, Wilde, Duhamel, Vian, Valéry, voire Churchill. L’enquête d’authenticité menée par l’inspecteur Noguez fait six pages, elles sont dignes d’un mini-polar.

De «Madame Bovary, c’est moi», phrase prononcée, mais jamais écrite par Flaubert, à «Le refus des louanges est un désir d’être loué deux fois», maxime volée par Jacques Dutronc à La Rochefoucauld, tout le livre, drôle, excitant, édifiant, est à l’avenant. Dominique Noguez est la preuve qu’«un écrivain ne lit pas ses confrères, il les surveille». C’est de Maurice Chapelan.

Jérôme Garcin

Article paru dans « le Nouvel Observateur » du 12 juin 2014.

 

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