Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

5 octobre 2017

Le locataire du sixième

Classé dans : certains de mes écrits 2013 — eructeuse @ 8 h 07 min

Le locataire du sixième

 

Le judas de tous les petits matins

 

Chez le locataire du sixième étage, appartement 38, le réveil sonna.

Il vivait seul.

Comme chaque matin, il grogna puis posa son pied droit en premier dans sa nouvelle charentaise. Le gauche suivit, toujours gauche, il se sourit.

Le locataire du sixième n’avait pas besoin de maquillage, il portait le masque de sa civilité bien poudrée d’une bonne mine de flagornerie nécessaire, disait-il, et assumée dans un monde civilisé.

Il trottinait de sa salle de bain à sa chambre, de sa chambre à sa salle de bain en petits pas saccadés, point pressés bien qu’il lui fallait aller travailler dans quelques instants. Il sentit la bonne odeur de café qu’une machine bien réglée, fit couler à l’heure fixée par la précision de cet homme de convictions et de raisons. Il s’apprêtait à entendre le carillon de la porte d’entrée chanter et alla dans l’entrée, comme tous les matins depuis vingt ans déjà, pour regarder par le judas, qui était là, quand le carillon ne retentit pas.

Il regarda sa montre, c’était l’heure, mais point de son ne sortit du carillon. Le locataire du sixième se sentit moite, fouilla dans le tiroir de sa comtoise, prit la petite clef, ouvrit le verrou de sa demeure et se rendit prestement chez son voisin du 37.

Le locataire du 37 n’était pas levé, son café n’avait pas coulé, il le prenait tous les matins avec Saturnin, son voisin du sixième étage, appartement 38.

Saturnin poussa doucement la porte du salon, traversa la pièce, propre et rangée et vit sur la table, le petit paquet achevé, portant l’indication « Bon anniversaire cher frère ! ». Son corps frémit, ses yeux n’osaient voir ce que son cœur comprit, il resta dans la porte entre-baillée qu’il poussa enfin doucement et vit son frère dans son lit, qui se retourna surpris, mais « Quelle heure est-il ? » alors Saturnin cria : Il est l’heure que tu viennes habiter avec moi ! Nos femmes sont parties depuis si longtemps qu’on ne les reverra plus à quoi bon attendre chacun de son côté…

- En voilà une bonne idée cher jumeau, mais fais-moi un seul plaisir, ôte moi ton judas de ta porte d’entrée, tu sais parler diantre ! et pour toute réponse Saturnin, éclata d’un rire franc avec les yeux remplis des larmes qui n’avaient pas encore coulées et qu’il ne pouvait retenir plus longtemps.

 Juin 2013

 

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