Victoryne Moqkeuz, mon anagramme

Caroline Bordczyk, mon pseudo d'auteure

19 mars 2015

TISSE LA HAINE

Classé dans : certains de mes écrits 2015 — eructeuse @ 7 h 06 min

TISSE LA HAINE

 

La petite vieille sortie de son îlot, traversa le couloir, poussa la porte du salon, alla vers le bureau où jadis elle noyait ses chagrins dans l’antre fécond, épaulée des lumières de toutes les lunes, embuée des torpeurs de son ennui. Saoule d’ennui totalement ivre d’ennui. Et dire qu’elle n’aimait même pas l’alcool ce dieu qui paraît il faisait oublier les souffrances de la vie.

Sa petite voix entonna dans le bruit de sa mémoire « je suis saoule saoule saoule sous ton balcon on on… piètre consolation… »

La petite vieille tremblait des pieds à la tête, sa liquette de nuit couvrait juste ses os, par pudeur par respect car c’est de la chaleur qu’elle souffrait. La petite vieille sortit de son îlot chercher de l’eau..  « Qu’est-ce que tu fais là va te coucher je travaille moi ! ».

L’homme sorti prestement du bureau la toisa froidement, se moqua de ses tremblements, la traita de pitoyable victime, de comédienne !

Le mot lui piqua le dos, parcouru ses entrailles, traversa son sein gauche et se coucha au centre de son cœur. L’éternel bourdonnement de ses oreilles grandit, ses tremblements redoublèrent, « La comédienne devint pantin désarticulé » se dit elle voulant encore rire d’elle et gémit « Je cuis cuis, je suis cuite», ses yeux secs pleuraient l’espace d’un instant l’aide de la pitié l’aide de la compassion…

« Il y a de l’eau au robinet » grogna le bonhomme…

Le bourdonnement amplifia sa tête de fracas, son nez la piqua, elle gémit les yeux donnant tous les appels de sa détresse mais l’homme l’acheva : «  Tu es pitoyable ! Malade imaginaire !».

Alors jaillit une tempête de sang, coulant coulant coulant, elle mourut là debout, les yeux grands, grands ouverts cherchant de l’air cherchant le secours de l’amour.

L’homme lui tournait déjà le dos s’enferma dans le bureau.

La nuit tomba sur la ville l’entoura d’un noir profond une nuit sans lune.

La petite vieille recroquevillée gisait dans son sang, sang de la vie sang de la terre, les yeux grands, grands ouverts sans larme et sans reproche. La petite vieille se dilua dans son sang que le parquet but repu…

Le lendemain matin le bruit de la clef dans la porte d’entrée réveilla l’homme dont la faim titillait l’estomac, déjà prêt à ordonner l’arrivée de son petit déjeuner.

La porte du bureau s’ouvrit sans en avoir demander l’autorisation : « Où est maman » tonna la femme, le bonhomme dit dans un long bâillement « Fais mon café ! », « Où est maman » redit la femme « Qu’est-ce que j’en sais je ne suis pas sa nourrice ! ». La femme allait de pièce en pièce ouvrit grand les volets , le soleil fit son office, le reste de la tâche brune sur le parquet s’effaça définitivement. « Où est maman? »

-Mais tu n’énerves je ne sais pas moi et je m’en moque !

Il ne suffit pas d’avoir créer des dieux pour chasser le diable de nos abîmes. Ni l’amour ni la souffrance n’engendrent seule la raison, quant à l’injustice elle engendre plus de monstres que de bon samaritain, il faut plus que du pain béni pour chasser le vilain !

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